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Deux

de Penny Hancock , date de sortie le 08 novembre 2017
Deux

Au Maroc, la vie de Mona est devenue un calvaire. Elle s'occupe de sa fille, Leila, et de sa mère malade. Ali, son mari, a disparu depuis plusieurs mois, peut-être parti en Angleterre po... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Deux

Au Maroc, la vie de Mona est devenue un calvaire. Elle s'occupe de sa fille, Leila, et de sa mère malade. Ali, son mari, a disparu depuis plusieurs mois, peut-être parti en Angleterre pour finir ses études de médecine. À Londres, Theodora a besoin d'aide. Entre son père qui souffre de la maladie d'Alzheimer, son fils qui passe la journée devant la télé et sa vie professionnelle mouvementée, elle ne s'en sort plus. L'arrivée de Mona dans son existence change tout. Maison impeccable et vie sociale à nouveau trépidante, Theodora trouve en outre chez la discrète Marocaine une véritable confidente.

Entre admiration et haine, ce duel silencieux entre des personnalités complexes et tortueuses est un vrai piège pour le lecteur qui assiste, subjugué, à une exacerbation progressive des tensions jusqu'au magistral coup d'éclat final.

Caractéristiques

Titre Deux
Auteur Penny Hancock
Traducteur Marianne Thirioux
Date de parution 08 novembre 2017
Nombre de pages 505 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 266 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-253-16493-7 - 9782253164937

5/5

nameless

Le 18/05/2016

La première, Mona, a fui la misère de son pays, confiant Leila, sa petite fille de 6 ans, aux bons soins de sa grand-mère malade. Roger, riche expatrié londonien au Maroc a ramené la jeune femme dans sa valise diplomatique pour l'offrir à son ex-femme, Dora : « D'après son visa, elle est là pour travailler, point. Elle est à toi. En fait, elle t'appartient. Elle ne peut pas changer d'employeur. Si ça ne marche pas, elle rentre directement chez elle » (p. 27). Si Mona a accepté cette proposition, c'est qu'elle espère secrètement retrouver à Londres, Ali, son compagnon, qui s'y est volatilisé alors qu'il aurait dû y étudier la médecine. La seconde, Dora, présentatrice d'une émission de radio branchée, vit en compagnie de Leo, son fils renfermé et déprimé, et de Charles, son père, atteint d'Alzheimer, dont l'état de santé nécessite une garde de plus en plus rapprochée. Mona s'occupera de la maison et du malade, libérant Dora qui pourra se consacrer à sa carrière et rencontrer plus aisément Max, son amant marié et médecin américain. Conformément au titre du roman, voilà les Deux femmes réunies, pour le meilleur et pour le pire, dans la vieille maison bourgeoise de Dora. Après le déjà brillantissime Désordre (paru chez Sonatine en 2013), le remarquable talent de Penny Hancock est pour la seconde fois à l'oeuvre dans ce huis-clos éprouvant et fascinant sur lequel plane constamment l'ombre menaçante du fleuve. Dora et Mona sont de condition sociale et de culture différentes. L'une est la patronne de l'autre, il y a donc un lien de subordination entre elles, comme entre tout employeur et employé. Il s'agit d'une situation banale. Mais rien n'est jamais simple ou évident avec Penny Hancock. Dès les premières pages, elle rend les femmes interdépendantes, chacune ayant pour des raisons différentes, besoin de l'autre. Le rapport de force silencieux devient rapidement troublant, Mona ayant détecté que Dora a besoin d'elle : « le besoin crée l'opportunité. Cela me donne du pouvoir » (p. 32), et qu'un subalterne « doit faire de petites choses pour se préserver » (p. 235). L'inéluctable drame finira par se produire, et bien malin celui ou celle qui a su deviner sous quelle forme. Un roman qui met le lecteur sous tension dès son ouverture, au suspense à couper le souffle, psychologiquement et humainement très puissant, qui est également un plaidoyer contre ce nouvel esclavage des temps modernes, qui exploite, martyrise des personnes déracinées, sans autre droit que celui de souffrir dans l'anonymat. Esclavage entériné par le Royaume-Uni le 06.04.12, « les travailleurs immigrés qui s'engagent à suivre leur employeur au Royaume-Uni sont liés à ce seul employeur. S'ils sont exploités ou maltraités, ils auront le choix : continuer à souffrir ou s'enfuir et devenir clandestins ». C'est Penny Hancock elle-même qui apporte cette précision dans une courte note. Elle remercie également Justice For Domestic Workers (J4DW), groupe d'entraide pour les travailleurs immigrés, dont elle fournit les coordonnées : www.j4sdw.org www.kalayan.org.uk

Livresque78

Le 02/11/2015

Deux personnages principaux, deux femmes, totalement opposées, mais qui sont amenées à devoir vivre ensemble et à se supporter pour des raisons différentes, mais primordiales pour chacune. Tour à tour, on les aime, on les déteste, on les comprend, on a pitié, puis elles nous insupportent... Une ribambelle de sentiments, qui fait de cette lecture une nécessité, il faut aller au bout, découvrir jusqu'où les choses vont aller. Ces deux femmes recherchent chacune à combler quelque chose, un manque, à satisfaire quelqu'un, pour elles mêmes devenir quelqu'un de bien. Une lecture captivante, qui touche à l'imperfection, aux erreurs de parcours, à la naïveté, aux désillusions. Une trame rondement menée par l'auteure, elle nous embarque dans une spirale, dans un tourbillon. Un livre qui se lit avec une folle rapidité, un plaisir sadique, un certain voyeurisme pour en arriver à une fin digne de ce nom. On sent rapidement que les choses vont tourner au vinaigre, que la belle relation de départ ne peut pas se poursuivre, on voit les erreurs commises et on tente d'imaginer quelles vont en être les conséquences. Je ne vous dirai pas laquelle de ces deux femmes j'ai le plus aimé, celle que j'ai le mieux comprise, mais vous ne resterez pas sans rien ressentir, c'est évident Bref, un livre à lire absolument, une tension qui monte crescendo, un véritable moment de bonheur littéraire.

Stelphique

Le 27/10/2015

Les personnages: Dora, ou plutôt Théodora, Don de Dieu? C’est une femme trop désemparée par sa nouvelle vie, ses problèmes bien trop lourds à gérer. J’ai apprécié son côté « femme active ». Mona est une femme en manque de ressources, elle se retrouve obligée d’accepter un poste à l’étranger pour subvenir aux besoins de sa famille. J’ai adoré son côté « oriental ». Chacune a un quotidien lourd à supporter, on se prend d’empathie pour ses deux femmes vivant dans le monde moderne, avec ce que ça comporte de difficultés à se battre seule.Leur association semble être la meilleure des solutions, jusqu’à ce que la dépendance s’installe…. Ce que j’ai ressenti: Un choc, Deux versions. Une danse en Deux temps. Un portrait de Deux femmes. Penny Hancock nous offre un duo de femmes à suivre, à apprécier, à détester. C’est tellement humain, tellement travaillé dans la psychologie de ses personnages, qu’elle nous entraîne jusqu’au bout de ses lignes, dans un engrenage d’émotions diverses. C’est quasiment impossible de laisser ce livre de côté, tellement on est happé dans leur mental. Suivre Théodora, c’est connaître le rôle de la benjamine d’une fratrie, celle d’une femme active débordée, une Londonienne privilégiée, une maman dépassée, une fille à papa qui connaît le revers de la médaille. Suivre Mona, c’est connaître une femme dans le besoin, perdue dans un pays trop froid, abandonnée par son mari, une Marocaine fière, une maman qui culpabilise, une fille dévouée. Si au début, la cohabitation parait idéale, parce que chacune a à y gagner, le choc ne va pas tarder à se pointer, car leur culture est trop différente, leur manière de penser également. Mais voir peu à peu le malaise se créer, la pression monter, l’erreur fatale arriver, c’est juste jubilatoire! On sent bien que la mélasse se prépare, on y reste englué et on pédale encore plus vite (enfin les pages tournent presque seules!!!) pour se prendre le coup fatal en pleine tête. Etre menée d’une telle façon, avec talent et lenteur, ne rend que meilleure la dégustation de ce thriller impeccable. J’ai beaucoup apprécié cette lecture, car elle est à la fois captivante et qu’elle sonne juste. Ses deux femmes sont chacune en manque d’affection et de « rayonnance ». Pouvoir connaître leurs pensées à chacune des deux parties, c’est avoir un plus large panel de ressentis, encore plus de sentiments à partager, plus d’émotions à vivre, malgré la lente noirceur vers laquelle on se dirige. J’ai aimé autant le fond que la forme, cette écriture féminine mais acérée, cette ambiance lourde dans la brume était juste imprégnante… En bref, rien à redire….Ah si!!!!! Il faut absolument que je lise le premier livre de l’auteure: Désordre!!!!