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Antigone

de Sophocle , date de sortie le 08 septembre 1997
Les deux fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice, se sont entretués au combat. Leur oncle Créon, le roi de Thèbes, décide que le cadavre de Polynice - qui a trahi sa patrie - demeurera exposé sans sépulture.... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Les deux fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice, se sont entretués au combat. Leur oncle Créon, le roi de Thèbes, décide que le cadavre de Polynice - qui a trahi sa patrie - demeurera exposé sans sépulture. La jeune Antigone, sa soeur, viole volontairement le décret : elle est arrêtée, et récidive. Pour elle, les lois immuables de la conscience, les «lois non écrites», se situent au-dessus des décrets des hommes. Antigone est celle qui désobéit, celle qui dit non, celle qui va au-devant de la mort. «Victime terriblement volontaire», Antigone ne connaît ni la terreur ni la pitié et, jusqu'au bout, croira à un droit supérieur : celui du génos, celui des siens.

Chef-d'oeuvre absolu, maintes fois imité, Antigone est certainement la tragédie grecque la plus achevée : de l'ensemble de la pièce se dégage encore aujourd'hui une impression de perfection artistique et d'émotion humaine que peu d'oeuvres littéraires ont su pareillement éveiller.

Caractéristiques

Titre Antigone
Auteur Sophocle
Traducteur Paul Mazon
Collection Classiques en poche
Editeur Belles lettres
Date de parution 08 septembre 1997
Nombre de pages XIV-145 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 115 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-251-79916-8 - 9782251799162

4/5

Nastasia-B

Le 27/09/2012

C’est peu dire qu’Antigone est l'une des plus célèbres tragédies grecques (parmi celles qui nous sont parvenues, à savoir, fort peu, volontairement détruites au IIème siècle sous l’Empereur Hadrien par des autorités morales anonymes, les « pédagogues grammairiens », qui ont décidé lesquelles devaient être transmises à la postérité. De la sorte, ces éminences grises ont dégraissé Eschyle, Sophocle et Euripide, pour ne citer que ces trois-là, de 87 % de leurs productions, soit les 44 pièces survivantes sur 348 à l’origine). Ainsi donc, parmi ces survivantes, Antigone n’est pas une tragédie canonique, mais LA tragédie canonique. Ce n’est pas pour rien qu’Hegel s’est appuyé en particulier sur celle-ci pour parler de la tragédie grecque en général. Le poids du religieux dans la Grèce de Sophocle est difficile à appréhender de nos jours et c’est vraiment un exercice délicat que d’essayer de comprendre dans le détail les visées réelles de l’auteur. L’une des questions civiques et morales soulevée par la pièce est celle de l’obéissance à l’ordre émanant de la hiérarchie, même s’il va à l’encontre de nos convictions. Dit autrement, doit-on exécuter un ordre s’il est immoral ? Je doute que la lecture d’Antigone soit au chevet de beaucoup de nos militaires ou policiers, pourtant, c’est une vraie question. Il en va de même pour tout fonctionnaire. On sait ce que Vichy, pour ne parler que de ce régime, a été capable de faire. Les fonctionnaires de Vichy avaient-ils lu Antigone ? À méditer… Voilà donc, Antigone, fille du célèbre Œdipe, qui vient de perdre ses deux frères bien aimés. L’un se battant pour Thèbes, l’autre contre. Thèbes obtient la victoire, et Créon, le roi de Thèbes, offre des funérailles dignes à celui qui a donné sa vie pour Thèbes, mais interdit qu’on laisse reposer l’autre frère selon les rites, car jugé comme traître, doit pourrir sur place ou être dévoré par des bêtes. Antigone, elle, refuse cette sentence et décide de braver l’interdit. Sa sœur, Ismène, elle, fait l’autre choix. L’autre axe qui me semble majeur dans la pièce est celui de l’orgueil qui nous empêche de revenir sur une parole prononcée afin de ne pas « perdre la face ». Je dirai simplement qu’à propos de faces perdues, Créon, se jugeant dans son bon droit, pour ne pas avoir voulu revenir sur sa décision risque d’en perdre bien d’autres de faces… En somme, une bien belle tragédie, qu’il nous est parfois difficile de recontextualiser, mais dont certaines questions conservent toute leur raison d’être et leur verdeur, même après vingt-cinq siècles et quelques autodafés, mais cela n’est presque rien, tout juste mon minuscule avis, ma toute petite vérité, et j'aime autant laisser à Sophocle le mot de la fin : "Ne laisse pas régner seule en ton âme l'idée que la vérité, c'est ce que tu dis, et rien d'autre. Les gens qui s'imaginent être seuls raisonnables et posséder des idées ou des mots inconnus à tout autre, ces gens-là, ouvre-les : tu ne trouveras en eux que le vide."