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Porte dévergondée

de André Pieyre de Mandiargues , date de sortie le 04 novembre 1997
«Point de programme arrêté, mais des aventures, qui sont plutôt des mésaventures, des histoires sorties des vacances du coeur, prennent forme plus ou moins précisément, sans que l'on sache bien si elles... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

«Point de programme arrêté, mais des aventures, qui sont plutôt des mésaventures, des histoires sorties des vacances du coeur, prennent forme plus ou moins précisément, sans que l'on sache bien si elles sont projetées, parfois comme à rebours, sur un écran tendu dans la fumée, ou si elles sont récitées, par des acteurs moins professionnels que dilettantes, sur une scène improvisée entre deux lampes à pied dressées devant un rideau vague, ou si elles sont racontées par des personnes que l'on écoute avec un peu d'irritation et que l'on se refuse à croire. Le propre de ces aventures ou de ces histoires est de choquer le spectateur ou l'auditeur.»

Caractéristiques

Titre Porte dévergondée
Collection L'imaginaire
Editeur Gallimard
Date de parution 04 novembre 1997
Nombre de pages 118 pages
Dimensions 19,00 cm x 13,00 cm
Poids 150 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-07-074956-8 - 9782070749560

5/5

SZRAMOWO

Le 29/06/2016

«Nous reprochera-t-on d'avoir rapporté des souvenirs d'un mauvais lieu et de le divulguer ?» Cette question figurant dans l'introduction rappelle qu'en ouvrant la «Porte dévergondée» André Pieyre de Mandiargues veut nous emmener « sur la spirale d'un escalier par lequel on descend dans un espace qui est quelque peu au-dessous du niveau où la plupart des hommes font aller leurs pieds, leurs pensées et leurs propos ». Les quatre récits du recueil (écrit en 1965) : Sabine, La grotte, le théâtre de Pornopapas, le fils de rat, ont été conçus pour «choquer le spectateur ou l#700;auditeur. Dans ses convictions, dans ses sentiments les plus honorables, dans sa bien-aimée culture, dans sa pudeur, dans son goût, celui-là est choqué». Le titre à lui seul mérite qu'on s'y attarde. Au-delà de la signification de dévergondée (celle qui est sans vergogne ou sans vergonde, sans honte), la porte dévergondée n'est-elle pas aussi une porte qui est sortie de ses gonds ? La question mérite d'être posée. Autre tic littéraire de André Pieyre de Mandiargues, l'épigraphe à clefs placé en tête du recueil, suggère qu'il n'est pas écrit à destination d'un lecteur lambda : Va, petit livre et choisis ton monde... (Töpffer) La première nouvelle Sabine est le récit du suicide de l'héroïne dans une chambre d'hôtel : «Et si la salle de bain, qui est une ancienne chambre qui fut transformée, paraît plus vaste que la chambre à coucher, ce n#700;est pas tant l#700;effet du moindre encombrement que celui de l#700;éclat des robinets et des tuyaux, celui surtout de la blancheur des murs laqués, du carrelage et des cuvettes en porcelaine. Or cette blancheur est salie, ce brillant est souillé. Les robinets, les cuvettes, les murs et le carrelage sont éclaboussés de sang, dilué à plusieurs endroits par la vapeur d#700;un bain très chaud, comme l#700;encre d#700;un lavis sur du papier humide» Sabine, séduite par le Lieutenant Luques, un habitué de l'Hôtel des Lavandières et sa chambre 11 dite «chambre à la loutre» se retrouve seule, abandonnée par ce séducteur vil et sadique ; elle en vient à imaginer son suicide et passe à l'acte de façon déterminée dans cette même chambre 11 où son sang a coulé une première fois. Dans le deuxième nouvelle, La Grotte, Denis, «Un homme à l'aspect de prêtre ivre» erre dans un «quartier vétuste et galant» à la recherche d'une courtisane. «Ne crains rien, dit-il. Ne te fâche pas. Je ne suis pas de police, je ne suis pas un truand non plus, ou ce qu#700;on appelle un sadique. Je n#700;ai pas envie de te fouetter, ni d#700;être fouetté par toi. Je ne veux pas t#700;humilier, et je ne te demanderai pas de me cracher au visage ou de m#700;insulter. Je ne te lierai même pas. Non. Mais j#700;ai décidé d#700;aller ce soir, pour mon plaisir et mon instruction, dans un musée fait pour moi tout seul, et d#700;y voir des tableaux qu#700;on n#700;ait jamais vus. Tu es à peu près la clé qu#700;il faut pour m#700;ouvrir mon musée. Et je suis curieux de voir ce qui va pousser autour d#700;une fille comme toi» Denis emmène Mina à l'hôtel du bar du Sarcophage et là : « Denis se voit lui-même en train de monter un immense escalier dont chaque marche correspond à un coup de reins qu#700;il donne, comme un coup de baguette à chaque note d'une suite de gammes [...] Mina, la fille, est support, instrument, guide » Denis dérive vers des visions qui le conduiront dans une grotte où la fille git, enchaînée et immobile, lui-même «dans une aliénation qui diffère peu de la béatitude.» Dans le théâtre de Pornopapas, le héros, Antonin Bisse est transporté à Salonique, en rêve, dans un «(...) bar qui s'est édifié à partir des matériaux laissés en vrac dans sa mémoire (...)» ; « anciennes machines à sous, peintes en rouge vif (...)» ; « le maquereau Criton » ; «une putain dont les cheveux teints au henné font un contraste plaisant avec les gros sourcils noirs.» ; Criton propose de l'emmener « dans la cale de la Klytemnestra, (...) une vieille citerne (...) le rendez-vous de l'élite de la marine marchande » «La nuit est chaude, quoiqu'il tombe quelques gouttes de pluie.» Loin de la ville, ils trouvent le vieux rafiot et sa salle de théâtre montée dans la cale « de longues banquettes dépourvues de dossiers, rangées transversalement dans la coque, coupées depuis la proue (qui est à l'arrière du théâtre.)» Le clou du spectacle est Oedipos, Pornopapas, qui brandit «un gros bâton, plus long qu'une canne et moins qu'une houlette.» ; «sans cesser de danser, il commence à chanter.» C'est pour mon papa dit-il en brandissant le bâton et soudain, chante c'est pour ma maman en brandissant son sexe factice : «un tube de matière coriace et cartonneuse, pareil aux étuis phalliques dont font parade dans leurs danses les sorciers africains.» Le fils de Rat : Venise, une gargote à poissons, un homme et une femme, des touriste, «Notre hôte eut l'air d'être flatté que nous eussions décidé de manger dans la boutique...» Une altercation entre le «friturier» et un client : «J'avais le dos tourné, fils de rat. Mais tu iras manger dehors. Personne ici ne veut de toi.» La femme compatit et l'invite à sa table : «Fils de rat ? dit-elle. Pourquoi donc te donnent-ils ce nom là ? Et le malheureux paria raconte comment il a été sauvé de la mort par le jugement du rat. Sept hommes condamnés à mort debout sur des caisses ouvertes. Un rat lâché dans la pièce. Celui qui se tient sur la caisse dans laquelle le art se réfugiera est gracié. La porte dévergondée : exercice de style, écriture remarquable, images volées, fantasmes retrouvés.