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Mémoires d'outre-tombe : livre I à V

Livre I à V
de François René de Chateaubriand , date de sortie le 01 novembre 1998
Dossier

1. L'autobiographie

2. La Sylphide

3. La réécriture

4. Paysage littéraire des années 1780

Chronologie et notes par Nicolas Perot
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La fiche détaillée

Résumé

Dossier

1. L'autobiographie

2. La Sylphide

3. La réécriture

4. Paysage littéraire des années 1780

Chronologie et notes par Nicolas Perot

Présentation

. René et les Mémoires : de la fiction à la réalité


. L'épaisseur de temps


. Mémoires personnels et mémoires historiques


. Chateaubriand ou le génie d'un style


Mémoires d'Outre-Tombe

Livres I à V

Dès leur parution, les Mémoires d'Outre-Tombe ont déconcerté les contemporains, encore grisés par les orages de René et l'exotisme d'Atala.

Ils ont, en revanche, recueilli toute la faveur de la postérité. C'était bien là le dessein de Chateaubriand : «L'avenir au-delà de la tombe, écrivait-il, est la jeunesse des hommes à cheveux blancs.»

Caractéristiques

Titre Mémoires d'outre-tombe : livre I à V - livre I à V
Editeur Flammarion
Date de parution 01 novembre 1998
Nombre de pages 352 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 252 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-08-070906-2 - 9782080709066

3/5

TREMAOUEZAN

Le 02/09/2015

Probablement par peur de m'ennuyer, j'ai toujours repoussé à "plus tard" la lecture des "Mémoires d'Outre-Tombe". Mais cet été, je savais que le moment était venu. J'ai alors choisi cette édition "avec dossier" et, épaulée par les notes de Nicolas Perot, je me suis lancée. Eblouissement ! Voilà donc un homme qui, arrivé au crépuscule de sa vie, se lance dans la réflexion de ce que furent ces années si tumultueuses qu'il lui fut donné de vivre. Et quelles années, en effet ! 1768-1848. Rien que ça ! Il fallait une belle plume et une tête merveilleusement faite pour nous embarquer dans ce voyage. J'ai sauté dans l'embarcation, et ne l'ai jamais regretté. "Unputdownable" disent les Anglo-Saxons pour parler de ces ouvrages que l'on ne peut se résoudre à reposer sur la table de chevet. "Allez ! Encore un chapitre avant de dormir !" Je me suis accrochée à ces pages comme on s'accroche à la parole des plus grands conteurs. Et la mauvaise élève en Histoire que j'ai toujours été a parfaitement saisi tous les enjeux d'une période extrêmement compliquée et violente. Chateaubriand est un maître, un garçon sensible et rêveur que nous voyons peu à peu se transformer en grand penseur, témoin privilégié d'un tremblement de terre qui nous secoue encore aujourd'hui. "Quant à moi, je ne me glorifie ni ne me plains de l'ancienne ou de la nouvelle société. Si, dans la première, j'étais le chevalier ou le vicomte de Chateaubriand, dans la seconde je suis François de Chateaubriand ; je préfère mon nom à mon titre". Le style est vigoureux, et les propos d'une belle humanité, toute en finesse. L'auteur va au fond des choses, et transcrit clairement et intelligemment sa perception des événements. Ces pages (345 avec les notes) se lisent comme un texte qui paraîtrait aujourd'hui. Et, croyez-moi, les soubresauts de l'Histoire qu'elles renferment font battre le coeur et trembler la main qui tient le livre. Pour conclure, grand merci à "Colimasson". Elle a manifestement analysé l'ouvrage en profondeur, et j'entends à présent prendre le temps de savourer sa prose.

whynotgrove

Le 19/04/2015

j'ai voulu me replonger dans les classiques de mon adolescence. Bon j'espère que ce ne sera pas toujours comme ça. Je me suis ennuyé et j'ai plaint ceux qui ont du le présenter au bac. Seule la fin de ce premier volume m'a intéressé, à partir de la révolution française. Je n'ai pas du tout envie de lire les livres suivants.

colimasson

Le 06/02/2015

L’originalité de la démarche de Chateaubriand consiste à cumuler deux récits autobiographiques dans ses Mémoires d’outre-tombe. L’une est interne et personnelle, l’autre est externe et historique. Le cas de Chateaubriand est particulier car son rôle en tant que personnage et témoin historique est privilégié du double fait de sa lignée aristocratique et de ses relations politiques. A la veille de la Révolution de 1789, il avait eu le privilège d’assister à un lever du Roi et de participer à la chasse avec lui. Même s’il détestait les salons mondains, de telles fréquentations lui permettaient de sonder le paysage littéraire de son temps et d’observer les jeux et engouements voltigeants de certaines girouettes politiques. Avant d’en arriver là, Chateaubriand consacre les trois premiers livres de ses Mémoires à retracer son développement de l’enfance à la jeunesse. Le jeu de l’écriture rétrospective s’accompagne de l’illusion essentialiste dont Chateaubriand n’est lui-même pas dupe. Il fait ainsi percevoir le vertige de qui contemple celui qu’il a été, se demandant si le fil des événements se déroule sans aucune cohérence logique ou si, au contraire, le déroulement d’une existence ne produit rien d’aléatoire et se consacre à l’atteinte d’une fin transcendante. « Ces flots, ces vents, cette solitude qui furent mes premiers maîtres convenaient peut-être mieux à mes dispositions natives ; peut-être dois-je à ces instituteurs sauvages quelques vertus que j’aurais ignorées. La vérité est qu’aucun système d’éducation n’est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd’hui qu’ils les tutoient et ne les craignent plus ? […] Telle chose que vous croyez mauvaise, met en valeur les talents de votre enfant ; telle chose qui vous semble bonne, étoufferait ces mêmes talents. Dieu fait bien ce qu’il fait : c’est la Providence qui nous dirige, lorsqu’elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde. » Ce regard rétrospectif soulève parfois l’artificialité des séquences choisies pour l’illustration des années. La mode romantique se propage dans les descriptions sauvages des forêts de Combourg ou dans les portraits que l’écrivain dresse de lui-même ou de sa sœur Lucile. Comment l’homme farouche fut-il projeté de force dans le milieu politique et mondain de Paris ? Tel est l’objet de ces premiers volumes des Mémoires. Nous découvrons alors le regard d’un homme distancié et critique qui ne se laisse visiblement jamais gagner par l’enthousiasme passionné des événements. C’est avec beaucoup de tendresse et de commisération qu’il nous montre les retournements de veste de la sphère politique et la fierté populaire pour une Révolution formée en amont par l’aristocratie : « La monarchie fut démolie à l’instar de la Bastille, dans la séance du soir de l’Assemblée nationale du 5 août. Ceux qui, par haine du passé, crient aujourd’hui contre la noblesse, oublient que ce fut un membre de cette noblesse, le vicomte de Noailles, soutenu par le duc d’Aiguillon et par Matthieu de Montmorency, qui renversa l’édifice, objet des préventions révolutionnaires. […] Les patriciens commencèrent la Révolution, les plébéiens l’achevèrent : comme la vieille France avait dû sa gloire à la noblesse française, la jeune France lui doit sa liberté, si liberté il y a pour la France. » Il se promène dans le passé et dans les événements, sans rien renier mais sans jamais se départir toutefois du petit éclat de rire moqueur pour ceux qui n’ont pas d’autre horizon que le plancher des vaches, ses gloires illusoires, ses conquêtes éphémères. « L’homme n’a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c’est sa misère. » On ne peut décidément pas abandonner Chateaubriand à ces cinq livres de ses mémoires, premiers témoins d’une structure d’une extrême rigueur qui s’aligne peut-être sur l’extrême étonnement de l’écrivain face au phénomène de l’existence. Qu’est-ce qui se profilera à l’issue de ce processus qui rabiboche des bouts de vie disséminés, ici et là, dans des compartiments strictement délimités ?