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Le consentement

de Vanessa Springora , date de sortie le 02 janvier 2020
Le Consentement

« Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeu... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Le Consentement

« Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre. »

Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà
de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.

Caractéristiques

Titre Le consentement
Editeur Grasset
Date de parution 02 janvier 2020
Nombre de pages 205 pages
Dimensions 21,00 cm x 13,00 cm
Poids 240 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-246-82269-1 - 9782246822691

5/5

Kirzy

Le 15/02/2020

Lumineuse Vanessa Springbora. Avant de me plonger dans cet ouvrage absolument incontournable, j'ai été impressionnée sa présence digne et bienveillante de femme qui finit de se libérer de l'emprise de son prédateur en l'enfermant dans un livre pour toujours et en se réappropriant son histoire. Une catharsis, la revanche des victimes. Ce récit n'aurait pu être qu'un simple témoignage. C'est avant tout une oeuvre littéraire à part entière. On sent à quel point ce récit est le fruit de trente ans de travail sur soi, trente ans de combat et d'introspection. La construction est parfaite, avec un gros travail d'élaboration narrative en six chapitres aux titres forts afin de décortiquer le processus d'emprise qu'a exercé sur elle l'écrivain pédophile Gabriel Matzneff : « L'enfant » qui présente les "conditions nécessaires" au drame ; « La proie » sur la rencontre avec G.M et les débuts de leur relation ; « L'emprise » sur la prédation psychique ; « La déprise » sur la rupture et le vertige et la folie qui s'ensuivent ; « L'empreinte » sur le vivre après, la dépression, les psychotropes pour s'en sortir ; et enfin « Écrire » sur la résilience aboutie. Le titre est parfaitement choisi dans sa sobriété directe : « acte libre de la pensée par lequel on s'engage entièrement à accepter ou à accomplir quelque chose ». Que vaut le consentement d'une adolescente de quatorze ans en manque de père, élevée par une mère paumée ? D'une jeune fille en manque d'amour qui cherche désespérément à accrocher le regard des hommes pour remplacer celui du père ? Qui est envahie par les pulsions sexuelles et la confusion de sentiments typiques de la complexité adolescente ? Vanessa Springora décrit avec beaucoup de finesse, sans manichéisme, la psyché complexe de la jeune fille qu'elle a été : sans nier qu'elle a été amoureuse de G.Matzneff, qu'elle a été flattée par son attention, qu'elle l'a désiré. D'où ce terrible sentiment, une fois la rupture consommée, de culpabilité et de complicité aux crimes du bourreau, qui l'a privée pendant longtemps d'investir le statut de victime. Le consentement, c'est aussi « l'autorisation de mariage donnée par les parents ou le tuteur d'un mineur ». Comment la société a-t-elle pu à ce point consentir à cette relation de prédation pédophile interdite par le code pénal français depuis 1810 ? La mère, d'abord, qui consent, fascinée par l'aura de l'écrivain et prononce ces paroles terribles lorsque sa fille lui annonce qu'elle quitte G.M. : «  le pauvre, il t'adore ». le père qui laisse faire. Les professeurs qui ferment les yeux devant ce quinquagénaire venant chercher une collégienne. Les médecins. Les médias. Les policiers. L'intelligentsia parisienne ( sidérant passage chez le philosophe Emil Cioran ami de G.M. ). le fourvoiement et les dérives d'une partie de la société française est absolument terrible. Vanessa Springora est bien une écrivaine. Chacun de ses mots est pesé avec loyauté et dignité. le style est factuel, car les faits parlent d'eux-mêmes. Pas besoin d'en faire des tonnes dans la crudité du propos, le lecteur est déchiré par ce qu'il lit, révulsé, ému, révolté, car les phrases disent avec intelligence la capacité de l'auteure à prendre de la hauteur pour raconter son passé avec distance sans tomber dans le piège de la moralisation. C'est d'ailleurs très troublant de ne pas lire un cri de rage emphatique ( qui aurait été tout aussi légitime ) , de ne pas entendre parler de viol. V. n'a pas été violée, elle a été abusée après avoir donné un consentement non éclairé. C'est là une des grandes forces de ce récit subtil et puissant qui en fait un texte résolument à part. Ce livre est un phare. Pour les adultes qu'ils éclairent sur la fragilité de l'adolescent et sur la nécessité de parler à ces enfants. Pour les jeunes. Je ferai lire le Consentement à ma fille lorsqu'elle en aura l'âge, comme une boussole sur la vulnérabilité et l'ambivalence de l'adolescence. Ce n'est pas un hasard si Vanessa Springora démarre son récit par une référence aux contes pour enfant, sources de sagesse initiatique et d'avertissement aux dangers futurs de la vie. Merci, Madame Springora.  Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2020, catégorie Essai

Jmlyr

Le 11/01/2020

Les critiques précédentes sont pour la plupart éloquentes, Je ne m'étendrai donc pas. Ce livre marque un avant et un après " l'affaire Matzneff", je n'en doute pas, et j'encourage toutes les victimes à parler, écrire, porter plainte si elles le peuvent, féminines ou masculines, avec la même intelligence, le même courage dont a fait preuve Vanessa Springora pour écrire ce livre. Elle fait preuve d'une analyse implacable du processus de victimisation dont elle a été l'objet, elle écrit avec le recul de 30 ans de souffrance morale et physique, et probablement d'une immense réflexion, qui l'a amenée à témoigner. Elle a énoncé les faits, simplement, avec pudeur et sincérité, et l'on ne peut que s'incliner face à son courage. Sa vie a été brisée comme celle de centaines de victimes de la manière la plus insidieuse qui soit, mais aujourd'hui, elle ne pouvait plus faire silence et continuer à se sentir salie, sa relation ancienne avec G.M. étalée et décortiquée dans ses écrits depuis des années. Personne ne peut être au-dessus des lois en matière de pédophilie et rien ne peut justifier pareils actes. Merci pour l'accès à ce livre : #Leconsentement #NetGalleyFrance

fabienne1809

Le 05/01/2020

Sitôt trouvé en ebook sitôt lu... mue par la nécessité de rendre justice à l'auteure et par ma profonde empathie pour cette victime d'un environnement culturel et d'une époque complaisante, où une certaine élite signe des pétitions en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes. Même si les signataires s'excusent plus tard de cette dérive et de cet aveuglement, G.M. lui ne baisse pas les armes. Les publications de celui-ci deviendront le pire instrument de trahison, présentant une oeuvre de fiction qu'il veut faire passer pour la réalité. L'auteure découvre que les livres peuvent devenir un piège dans lequel elle est enfermée. G.M. s'empare de son image et lui vole son âme. L'auteure constate qu'en dehors des artistes, il n'y a que chez les prêtres qu'on a assisté à une telle impunité. Avec cet ouvrage, Vanessa Springora se réapproprie son image. Elle démontre que la parole des victimes peut enfin se libérer. Avec une très belle plume , Vanessa Springora entre directement dans la cour des grands. Maintenant qu'elle est redevenue le sujet de sa propre histoire, Vanessa Springora pourra peut-être, dans le futur, poursuivre son oeuvre littéraire.

isabelleisapure

Le 05/01/2020

Je salue avant tout le courage qu'il a fallu à Vanessa Springora pour se livrer avec autant de pudeur et de franchise sur une relation qui l'a brisée. Alors qu'elle avait à peine 14 ans, la jeune fille, on devrait plutôt dire la fillette, se retrouve sous la coupe d'un célèbre écrivain rencontré lors d'un dîner professionnel auquel elle assiste aux côtés de sa mère, attachée de presse pour une maison d'édition. L'adolescente, qui grandit avec sa mère est immédiatement captivée par l'aura de G. Évidemment, à cette époque, elle ignore que l'écrivain a publié plusieurs essais qui indiquent indubitablement la nature de ses désirs. Comme tous les prédateur G choisi ses victimes avec soin, il connaît leurs faiblesses et en profite honteusement en espérant passer pour une âme charitable. « Un père aux abonnés absents qui a laissé dans mon existence un vide insondable. Un goût prononcé pour la littérature. Une certaine précocité sexuelle, et surtout un immense besoin d'être regardée. » Dès lors l'engrenage infernal s'enclenche, V va devenir la victime consentante de G. et tout le monde va trouver ça normal. Cette relation malsaine est connue du tout Paris littéraire et journalistique. Lors d'une célèbre émission littéraire, tous les participants saluent l'oeuvre de G et ne semblent nullement gênés que les héros de ses livres soient toujours des enfants. le célèbre présentateur de l'émission n'a à aucun moment semblé mal à l'aise face à son sulfureux invité. Pour se défaire de cette emprise, V mettra des années, entre dépression et anorexie. Ce livre n'est pas un énième document sur le viol, la pédophilie ou autres crimes dont sont victimes les enfants. C'est aussi un questionnement sur l'hypocrisie et la complaisance d'un certain milieu littéraire. Pourquoi personne n'a rien dit ? Comment peut-on décerner un prix littéraire à un homme dont toute l'oeuvre est basée sur le récit de ses amours avec des enfants ? Vanessa Spingora se pose la question : « Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un monsieur de trente-six ans son ainé ? Cent fois j'avais retourné cette question dans mon esprit, sans voir qu'elle était mal posée, dès le départ. Ce n'était pas mon attirance à moi qu'il fallait interroger, mais la sienne. » Ce récit constitue un magnifique témoignage porté par une écriture claire, sobre et percutante qui lui donne encore plus de force. Merci à NetGalley et aux Editions Grasset pour cette lecture. #Leconsentement #NetGalleyFrance

oiseaulire

Le 02/01/2020

Témoignage autobiographique sur les relations destructrices d'une adolescente de quatorze ans piégée par la séduction mortifère d'un vieux beau de cinquante ans, écrivain estimé de sa génération et pédophile notoire. C'est le récit d'une emprise : l'auteure n'aurait pas pu faire mieux pour poser les divers aspects de la notion de consentement. De sa terrible expérience, relatée avec une grande authenticité, on ne peut que conclure qu' il est des circonstances où l'on peut accepter sans consentir. Car le consentement se doit d'être éclairé. Et éclairé, il ne l'est jamais au-dessous d'un certain âge. °°°°°°°° Quelques personnes, rares il est vrai, ne veulent voir dans ce livre que l'expression d'un dépit amoureux, "une histoire d'amour qui finit mal". Je trouve cette appréciation choquante à plus d'un titre. D'abord, quand des faits sont criminels, et aussi clairement exposés, comment peut-on se permettre de juger la victime et non l'auteur des faits ? C'est toujours la bonne vieille suspicion envers la victime qui est en oeuvre dans ce jugement, surtout si cette victime est une femme. C'est la règle en matière de viol. Or nous ne sommes pas ici dans un tribunal, le lecteur n'est pas un juge, il n'a pas été tiré au sort comme juré. Ensuite, comment est-il possible que ces personnes jugent une jeune fille de treize-quatorze ans apte psychologiquement à vivre une "histoire d'amour" avec un homme de cinquante ans ? Par quel manque d'empathie peuvent-elles mésestimer la souffrance occasionnée par cette prise de possession progressive d'une adolescente par un homme plus que mûr : emprise scolaire, puisqu'il lui faisait ses dissertations, emprise sur sa vie (il l'a détournée de la musique), éloignement de la normalité d'une fille de son âge coupée de ses camarades et exhibée lors de repas mondains à des heures où elle aurait dû être couchée, pratiques sexuelles intenses et d'une technicité repoussante pour son âge, et non celles de très jeunes gens découvrant la sexualité, mensonges répétés, tromperies. Le prédateur a enfermé cette gamine dans un univers glauque qu'elle n'avait pas la maturité suffisante pour évaluer pleinement et qui l'a mise en marge de ce qu'elle aurait dû vivre et qu'elle ne vivra plus jamais, les fameuses "coudées franches" dont parle Brassens dans "La petite fille et le père Noël". Un chagrin d'amour vraiment, alors qu'il l'a transformée en monstre à ses propres yeux ? Reste qu'on peut penser ce qu'on veut. Mais qu'on ne s'étonne pas que Vanessa n'ait trouvé aucune aide à l'époque quand nous ne sommes même pas capables de comprendre ce qu'elle a vécu et qu'elle l'explique pourtant avec le recul suffisant pour y mettre des mots.