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A la guerre comme à la guerre : dessins et souvenirs d'enfance

Dessins et souvenirs d'enfance
de Tomi Ungerer , date de sortie le 21 novembre 1997
Tomi Ungerer raconte ses souvenirs d'enfance dans une famille aisée durant la Seconde Guerre mondiale, en Alsace où il a changé de nom, de langue, d'écriture, et appris l'idéologie nazie à l'école...
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La fiche détaillée

Résumé

Tomi Ungerer raconte ses souvenirs d'enfance dans une famille aisée durant la Seconde Guerre mondiale, en Alsace où il a changé de nom, de langue, d'écriture, et appris l'idéologie nazie à l'école...

Caractéristiques

Titre A la guerre comme à la guerre : dessins et souvenirs d'enfance - dessins et souvenirs d'enfance
Auteur Tomi Ungerer
Editeur Nuée bleue
Date de parution 21 novembre 1997
Nombre de pages 128 pages
Dimensions 27,00 cm x 23,00 cm
Poids 300 g
Support Cartonné
ISBN / EAN 2-7165-0124-6 - 9782716501248

3,5/5

Bigmammy

Le 05/05/2018

On ne résiste pas à un livre de Tomi Ungerer. Les Trois brigands, Crictor, Otto, Pas de baisers pour maman, tant d'autres personnages qui peuplent l'imaginaire de nos enfants … Celui-ci a été publié en 1991, mais je ne l'avais jamais lu. Ce sont les souvenirs d'une enfance plongée dans une guerre terriblement cruelle, une nouvelle fois, pour les Alsaciens. Jean-Thomas va devoir changer de prénom – il devient Hans – changer de langue – apprendre l'Allemand et l'écriture gothique – être contraint de dessiner la caricature d'un juif - assister à l'envahissement puis à l'annexion de sa région et enfin à la Libération de Colmar, vivre les privations d'une famille où sa mère, veuve, doit s'occuper de ses quatre enfants. Des expériences éprouvantes avec pour viatique un don inné pour le dessin et une vision pleine de dérision du monde. Un talent extraordinairement précoce, l'amour de la littérature française, la haine du totalitarisme, et la figure tutélaire de la mère : belle, intelligente, attachée à ses racines bourgeoises mais aussi comédienne, manipulatrice, habile à tournebouler l'occupant pour arriver à ses fins. J'en veux pour preuve ce passage : « le français était interdit par la loi, mais nous continuions en famille à le parler. J'en veux pour preuve le journal que j'ai tenu un certain temps, rédigé dans un français aussi perfectionné que du petit nègre. Aussi ma mère avait-elle été dénoncée, et convoquée par les autorités nazies. Par la suite, j'ai raconté que c'était la Gestapo, mais je n'en suis pas sûr. Toujours est-il que, pour cette convocation, ma mère s'était faite très belle, et sachant que les fascistes mettaient la Deutsche Mutter, la mère allemande, sur un piédestal, elle m'emmena. Astuce de renarde, sachant qu'une mère c'est une chose, mais accompagnée d'un fiston, c'est une mère avec preuve à l'appui. J'étais plutôt effrayé mais Maman me rassurait en disant plus ou moins, et là j'improvise : - Ne t'en fais pas, ce sont tous des imbéciles... » Un petit livre émouvant, plein de croquis et de réminiscences, avec l'humour délicieusement décapant d'un des ténors de littérature enfantine – et pas seulement.

imaginibus

Le 02/01/2018

Comment être Alsacien en 1939 quand on a huit ans ? Lisez les souvenirs de Tomi Ungerer, illustrés par les premiers dessins de cet immense illustrateur et par quelques autres documents suggestifs. Comment s'adapter, résister en rusant, se construire, bref, continuer à vivre, toujours avec ferveur. Dans l'introduction, Tomi Ungerer analyse ainsi son témoignage : "Ce livre pourrait paraître un affront primesautier aux grands drames de la misère, de la violence et de la torture. Mais si je parle de cette époque comme on parle de grandes vacances, c'est que gamin j'ai cru assister, avec le détachement de l'enfance, simplement à un spectacle, comme de nos jours nos enfants regardent la télévision." Est-ce aussi sûr ? L'auteur qui écrit 50 ans après les faits (la première édition date de 1991) dit aussi se méfier beaucoup des "souvenirs d'enfance" (p. 52). Certes, il a retenu les ruses pour contourner la politique de nazification de l'Alsace (p. 51), le rationnement ("Nous ne connaissions pas la faim" p. 74), mais a gardé "un effroi des avions qui font du rases-mottes" (p. 75), et semble quand même avoir été marqué par les tirs d'obus, les descentes à la cave lors des bombardements, la vision de voisins tués, car la guerre, ce n'est pas une rigolade (p. 66). Le récit de la découverte de la vie, entre 9 et 14 ans, dans cette période particulière est passionnante.