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L'Arabe du futur

Volume 4, Une jeunesse au Moyen-Orient, 1987-1992
de Riad Sattouf , date de sortie le 27 septembre 2018
Ce livre raconte l'histoire vraie d'un adolescent de moins en moins blond, de sa famille franco-syrienne et du coup d'État de son père.

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La fiche détaillée

Résumé

Ce livre raconte l'histoire vraie d'un adolescent de moins en moins blond, de sa famille franco-syrienne et du coup d'État de son père.

Caractéristiques

Titre L'Arabe du futur - Volume 4, Une jeunesse au Moyen-Orient, 1987-1992
Auteur Riad Sattouf
Date de parution 27 septembre 2018
Nombre de pages 280 pages
Dimensions 24,00 cm x 18,00 cm
Poids 942 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-37073-125-8 - 9782370731258

4,4/5

blandine5674

Le 17/02/2019

Tome 4. Notre petit bonhomme partage toujours sa vie entre la Bretagne et la Syrie. Cela semble toujours la même chose et pourtant c’est toujours aussi frais et de plus en plus prenant. Les cheveux foncent, tandis que l’amour de ses parents ne tient plus qu’à un cheveu. Toujours gênée par son père, qui a pourtant fait de hautes études, et qui a des réflexions d’idiot. Riad grandit et commence sérieusement à s’intéresser à la chose, poussé par un grand-père truculent. Le drame de la fin donne envie de vite savoir la suite. De mieux en mieux au fil des tomes.

Iboo

Le 14/01/2019

Comme dans les trois précédents, Riad Sattouf raconte, il ne juge pas. À la différence dans celui-ci qu'il a grandi, voit donc plus de choses, et les voit mieux. Il prend aussi conscience de ce qui lui convient et de ce qui lui convient moins. Mais voilà, je le redis : Riad Sattouf raconte, il ne juge pas. Et il le fait avec beaucoup de talent, d'honnêteté et... de courage. Car il en faut du courage pour aborder ce sujet. Nous savons tous les insultes et menaces qui se sont abattues sur celles et ceux qui osent et ont osé le faire dès lors qu'ils ne dégoulinent pas de louanges. Et vous remarquerez que, très prudemment, je n'ai pas employé le nom de la chose dont il ne faut que l'on parle...

boudicca

Le 12/12/2018

Cela fait maintenant quatre ans que l’artiste Riad Satouff s’est lancé dans l’écriture de romans graphiques retraçant les événements les plus marquants de son enfance passée entre l’Orient (en Syrie, essentiellement) et la France. Le procédé n’est évidemment pas nouveau (on pense bien sûr à « Persépolis » de Marjane Satrapi ou encore plus récemment à « Coquelicots d’Irak » de Brigitte Findakly), mais le ton volontiers humoristique de l’œuvre associé à l’acuité des souvenirs de l’auteur participent à faire de cet « Arabe du futur » une nouvelle référence dans ce domaine. [Les spoilers étant inévitables, je vous conseille de passer votre chemin si vous n’avez pas encore eu l’occasion de lire les trois tomes précédents.] Après le coup de tonnerre de la fin du troisième opus, on retrouve donc le jeune Riad et sa famille qui entre définitivement dans une phase plus mouvementée. Très effacée pendant l’enfance de l’auteur, voilà que sa mère se rebiffe enfin contre son mari dont l’attitude se fait de plus en plus inqualifiable. Après l’avoir suivi au bout du monde, accepté des conditions de vie difficiles et renoncé à sa carrière pour s’occuper des enfants, madame se décide enfin à penser à elle et à ne plus accepter ni les propos ni les actes condamnables de monsieur. Le couple bat de l’aile, le petit Riad et ses deux frères continuent à grandir et, même si beaucoup de scènes se déroulent encore en Syrie, l’essentiel de ce quatrième volume prend place en France (et plus précisément en Bretagne, chez les grands-parents maternels). Les précédentes aventures de l’artiste m’avaient déjà beaucoup touchée, mais avec ce tome bien plus conséquent que tous les autres, Riad Satouf parvient encore à nous émouvoir, nous faire rire, ou nous choquer (le coup de théâtre final, notamment, laisse planer un suspens insoutenable et marque profondément le lecteur). On constate dans ce quatrième tome que notre artiste en herbe quitte peu à peu l’enfance pour entrer dans l’adolescence. Cela se traduit d’abord physiquement, par une taille plus grande, une nouvelle coupe de cheveux, de l’acné... L’auteur porte d’ailleurs un regard très critique sur lui-même, et pas seulement d’un point de vue physique. Sa voix, ses manières, sa manie de toujours chercher l’approbation des adultes… : Riad Satouf dresse un portrait de lui enfant qui n’est pas forcément très flatteur, mais c’est justement cette sincérité et cette volonté de ne pas enjoliver les choses qui participent à rendre le personnage aussi attachant. Difficile de ne pas s’émouvoir de sa solitude et de sa maladresse, ni de compatir à ce tiraillement permanent entre deux cultures différentes, chacune défendue par l’un de ses deux parents. Son père, notamment, fait peser sur lui une lourde pression afin de faire de lui un arabe exemplaire et un musulman convaincu (sans jamais le forcer, toutefois). Les signes de l’évolution du petit Riad se manifestent aussi de manière plus subtile, à mesure qu’il se concentre de moins en moins sur sa propre personne et que son empathie s’étend aux membres de son entourage. L’artiste s’efface ainsi de plus en plus souvent pour donner le rôle principal à ses parents qui se déchirent. Impossible de ne pas s’identifier à la mère qu’on est ravi de voir enfin se rebeller et s’élever contre les injustices ou les propos horribles tenus par son mari (sur les Juifs, les noirs, les femmes, les Français...). On sent bien toute l’admiration que l’artiste a pour sa mère, tandis que son père est présenté sous un jour beaucoup moins flatteur. Lâche, raciste, sexiste, antisémite, obsédé par l’argent, de plus en plus radical d’un point de vue religieux : l’image du père, qui avait déjà été bien écornée dans les tomes précédents, en prend ici un nouveau coup à mesure que l’enfant prend conscience de l’injustice ou de la gravité de certains événements ou propos du quotidien. Si on ne peut s’empêcher d’admirer le courage de la mère, on éprouve au contraire de plus en plus de mépris envers le père à qui on a désormais bien du mal à trouver des excuses. D’ailleurs, globalement, la plupart des personnages arabes rencontrés dans ce quatrième tome sont dépeints de manière négative, qu’il s’agisse de sa belle cousine très religieuse qui ne cesse de critiquer tout ce qui vient d’Occident et ce qu’elle considère comme des pratiques dégénérées, ou bien de son cousin violent qui menace sa mère parce qu’elle a eut affaire en France à un médecin homme. Et même en France, les seuls arabes que l’on croise sont des jeunes des quartiers qui s’empressent de courser notre héros pour le tabasser… Les passages en Syrie sont moins nombreux mais on a toujours l’image d’un pays très pauvre et violent dans lequel la religion occupe une place centrale et où les femmes sont toutes soumises à l’autorité des hommes. Les scènes se déroulant en Arabie Saoudite sont encore pire et ne manquent pas de révolter le lecteur (je pense notamment à la scène surréaliste au cours de laquelle le père, professeur à l’université, fait cours à un amphi de femmes… derrière une caméra, dans une pièce à part, pour ne pas poser les yeux sur elles…). Le récit étant basé sur une expérience vécue, on peut difficilement douter de la sincérité de l’auteur ou de la réalité de tous ces événements, mais je m’interroge néanmoins sur l’image que cela renvoie et sur le message que certains lecteurs peu ouverts d’esprit pourraient y voir. La critique est cela dit un peu atténuée par le fait que l’artiste montre également les mauvais côtés de certains membres de l’entourage de sa mère : sa grand-mère a beau être adorable elle n’en tient pas moins des propos odieux sur l’homosexualité, quant à son grand-père, il ne cesse de lui demander s’il est « un vrai mec » et l’encourage à embrasser et peloter les filles de sa classe. Riad Satouf continue de nous régaler avec ses souvenirs d’enfance qui prennent néanmoins une teinte plus sombre à mesure que l’enfant grandit et réalise la gravité des événements dont il a pu être témoin ou des propos qu’il a pu entendre dans la bouche de son père. L’humour est cela dit toujours bien présent, et ces touches de légèreté sont les bienvenues dans un contexte de plus en plus tendu au sein du couple parental qui semble définitivement sur le point d’exploser. Inutile de vous dire que j’attends la suite avec beaucoup d’impatience.

dourvach

Le 04/10/2018

"Al-maktoub", "Al-qadr"[#1575;#1604;#1602;#1583;#1585;] ou les (très) sales tours du Destin... Le père du petit Riad (désormais ado) vire gros bourrin ; avec ses représentations à trois balles, on le sent mûr pour rejoindre les rangs des "Frérots" [Frères musulmans] ou des futurs "daëchiens" [à cervelle-format-pois-chiche-sonnant-bien-creux-dans-leur-triste-calebasse]... Bref, Riad souffre en silence. Et le lecteur, lui, compatit. L'auteur ne fait pas de cadeau à son daron et n'enjolive point la "connerification" (peu glorieuse et très sournoisement progressive) du mental paternel... Le Père vire à Le Pen... (version salafiste) La faute à un trop long séjour en Arabie Saoudite (où Mme Sattouf - avec infiniment de bon sens - refuse de l'accompagner...). C'est clair désormais : "L'Arabe du futur" sera Riad. "L'Arabe qui déconne" sera son père. Et leurs chemins semblent devoir - sans doute irrémédiablement - se séparer... Et tout le monde ("Un Pôpa, une Môman et leurs trois z-enfants" comme disent les ceusses de "La-manif-pour-Tous") souffre comme un chien. La maladie de la mère. L'incroyable gentillesse du grand-père maternel (Charles, qui ressemble à Jacques Chirac) : Riad casse la vue en stéréo - en verre - où l'aïeul avait dix ans... Le grand-père oublie de le gronder. La fin de l'enfance. Les humiliations successives. La cruauté "normale" de ce monde. Le ton est évidemment beaucoup moins léger que dans les 3 tomes précédents (Riad enfant) qui avaient tous un beau parfum nostalgique et "fonctionnaient" avec un humour magnifiquement pudique, tendre et cruel... et surtout efficace. Allons, puisqu'on vous dit que "L'Arabe du futur" (tomes 1, 2, 3, 4... et bientôt 5 !) sera LE chef d'oeuvre littéraire et graphique de ce début de (pourtant bien sinistre) XXIème siècle. (S'il vous plaît, croyez-nous : nous n'exagérons point. :-D) Avec quel talent vous nous charmez, Riad SATTOUF ! Merci à vous... et à toute votre famille (y compris bien sûr votre papa) de vous avoir conduit à "être" ce que vous êtes : un artiste unique au monde.

Ziliz

Le 30/09/2018

A vos bouliers, calculettes ou tableurs : Riad est né en 1978, ce récit est autobiographique, quel(s) âge(s) a-t-il entre 1987 et 1992 ? Réponse en lettres à cette question en chiffres : il est pré-ado, puis ado. Il a donc tous les problèmes qui vont avec – questionnements sur la sexualité, physique ingrat, boutons, brimades des autres collégiens (pas facile de s'appeler Sattouf, en France...). Et d'autres en prime : Syrie, Arabie Saoudite, ou France ? Papa ou maman ? Ces deux-là se bouffent le nez non-stop et l'ambiance quand ils sont (rarement) ensemble ou échangent par téléphone est très conflictuelle. Donc traumatisante pour Riad et ses deux petits frères. Pour ne rien arranger, la santé mentale du père semble se dégrader : un cocktail explosif de paranoïa, mythomanie, mégalomanie, manipulation, intégrisme, racisme (les Juifs sont partout, les 'négros' (sic) vont envahir la France), négationnisme, machisme... Bref, il fait peur, mais il aime ses fils, on dirait. Je n'ai pas relu les trois premiers volets de la série avant de découvrir celui-ci. Parce que je suis tombée dessus par hasard au moment de sa parution, que je n'avais donc pas anticipé, et que j'étais vraiment impatiente de m'y plonger. En revanche, avant de rédiger ce billet, j'ai relu mes avis sur les premiers opus. Conclusion sur le troisième : « Mariage mixte et choc des cultures, difficultés conjugales, petits et gros problèmes du quotidien d'un enfant, vie au Moyen-Orient dans les années 80 (pauvreté, pénurie, corruption...), religions. Riad Sattouf démontre encore son talent pour rendre compte des observations et sentiments d'un enfant, sans mièvrerie, avec la candeur et la brutalité de cet âge. C'est instructif, parfois émouvant et souvent drôle. Toujours très juste, en tout cas. » Je signe et persiste pour ce quatrième volet, mais le ton de l'album change. C'est moins léger, moins drôle, et cette lecture m'a même souvent rendue triste à pleurer : à l'adolescence, on prend la vie avec moins d'insouciance, et le ciel s'obscurcit pour Riad avec les terribles querelles parentales. Fin en cliffhanger. Vivement la suite, pour savoir si...