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Simone Veil : l'immortelle

de Pascal Bresson , date de sortie le 27 juin 2018
Simone Veil, née Jacob, rescapée de la Shoah, a fait de la lutte pour les droits des femmes son combat. Une lutte contre le sexisme, la misogynie et pour la dignité qu'elle porta au sein de l'Assemblée... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Simone Veil, née Jacob, rescapée de la Shoah, a fait de la lutte pour les droits des femmes son combat. Une lutte contre le sexisme, la misogynie et pour la dignité qu'elle porta au sein de l'Assemblée nationale alors qu'elle était ministre de la Santé. Une bataille qu'elle ne cessa jamais de mener. Disparue le 30 juin 2017, elle entre au Panthéon le 1er juillet 2018.

Caractéristiques

Titre Simone Veil : l'immortelle
Collection Marabulles
Editeur Marabout
Date de parution 27 juin 2018
Nombre de pages 176 pages
Dimensions 26,00 cm x 20,00 cm
Poids 810 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-501-11782-1 - 9782501117821

5/5

Ziliz

Le 01/01/2019

'Immortelle', Simone Veil, selon le terme qui définit les personnes reposant au Panthéon : « 78 grands hommes dont 5 femmes » (sic). Immortelle, Simone Veil, pour ceux qui se souviennent d'elle, de son combat pour les droits des femmes en général et en faveur de l'avortement en particulier, lorsqu'elle était ministre de la santé dans les années 1970. Eternelle aussi pour ceux qui, comme moi, un peu jeunes alors pour comprendre, entendaient le profond respect et l'admiration qu'elle inspirait aux adultes, de droite, de gauche, du centre, athées ou croyants... Centré sur les débats à l'Assemblée nationale autour de 'sa' loi sur l'IVG en 1974, cet album évoque également la jeunesse de Simone Veil, née Jacob à Nice en 1927, déportée avec sa famille vers les camps nazis en 1944. Elle a vécu l'horreur à Auschwitz, au côté de sa mère, d'une de ses soeurs, et de son amie Marceline Rozenberg (connue plus tard sous le nom de Loridan-Ivens). Son père, sa mère, son frère ne sont pas revenus. L'être humain est capable du pire, Simone Veil en a fait la douloureuse expérience à plusieurs reprises. Ses détracteurs ont brandi son passé pour la déstabiliser, la détruire, lorsqu'elle a défendu l'avortement. Elle a dû affronter un déferlement de haine : lettres d'insultes, foule grondante devant le Parlement, croix gammées taguées devant son domicile. Nombreux ont osé un parallèle avec le génocide juif. Cet exemple parmi d'autres, lors des débats à l'Assemblée : « On est allé - quelle audace incroyable ! - jusqu'à déclarer tout bonnement qu'un embryon humain était un agresseur, eh bien ! Ces agresseurs, vous accepterez, madame, comme cela se passe ailleurs, de les voir jetés au four crématoire ou remplir des poubelles. » (Jean-Marie Daillet, député Centre démocrate). Un documentaire à partager avec toutes les générations, pour passer le relais de la mémoire et rappeler que rien n'est jamais acquis en matière de droits. Mais aussi un témoignage sur le contexte socio-politique des années 70 sous Giscard, pas si différent de celui d'aujourd'hui (stratégie, mesquinerie, sexisme...). Où l'on voit aussi qu'on peut être à la fois de droite et de gauche. Ou plutôt que ce clivage n'a pas de sens, le coeur et la raison devraient l'emporter lorsqu'on prétend représenter le peuple. Pour résumer l'esprit de cet album qui rend un bel hommage à cette grande femme, ces mots de Simone Veil : « L'horreur a fait de moi une femme sensible et pudique, à la fois dure et réservée, véhémente et sereine. » Et cette séquence, toujours aussi émouvante : https://www.youtube.com/watch?v=LgDrHX9LmF8

Under_the_Moon

Le 30/11/2018

Un beau roman graphique qui retrace des moments clés de la vie de Simone Veil dans ses combats humanistes avec un retour sur les causes qui ont amenées cette détermination et ce courage qui la caractérisaient. A l'inverse de Robert Badinter (dont on a parlé il y a quelques semaines à l'occasion de la sortie de son livre, Idiss), Simone Veil naît dans une famille de juifs français laïques, attachés à la République et aux valeurs de l'éducation. Sans doute est-ce avec son retour de la déportation à Birkenau, ses convictions et sa volonté de protéger les plus démunis, ceux qui ne peuvent ou ne peuvent plus s'exprimer s'enracinent. Grâce à des planches alternants les couleurs et les époques ( le jaune de l'enfance brisée (entre autre - il est aussi repris pour sa mort pour fermer le cyvle de sa vie), le bleu des années 1970, le gris pour la déportation et les camps) on voit se dessiner peu à peu la femme politique militante, intellectuelle et "progressiste" ainsi que la jeune Simone Jacob, jeune fille à l'adolescence volée. Le choix d'intégrer des planches avec Marceline Loridan-Ivens constitue aussi un joli clin d'oeil et offre une soeur d'infortune à cette femme qui par sa pudeur et sa distance paraissait bien seule. Un moment de lecture émouvant, qui sera sans doute instructif pour des adolescents, et surtout un magnifique hommage.

Aelinel

Le 22/11/2018

Cette bande dessinée autobiographique sur Simone Veil a fait partie de la sélection du mois d'octobre dans le cadre de mon Club de lecture. Et étant donné que je nourris un profond respect pour cette personnalité historique, je ne voulais certainement pas passer à côté. Je n'ai pas encore lu son roman autobiographique, Une vie publié en 2007 mais cette bande dessinée m'a bien donné envie de franchir le pas. Le 26 novembre 1974, Simone Veil alors Ministre de la Santé est fébrile car le lendemain, elle doit présenter à l'Assemblée Nationale un projet de loi controversé à l'époque mais qui fera avancer durablement le droit des femmes : la loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse. Or, la tâche s'avère ardue car non seulement, les députés sont en majorité des hommes mais des résistances proviennent également de la société elle-même encore très influencée par la religion chrétienne. Pour ses opposants, l'avortement est assimilé à un meurtre et s'oppose au Commandement « Tu ne tueras point ». Pourtant, Simone Veil se montre déterminée, inébranlable et courageuse même lorsque plusieurs députés vont faire référence au parti nazi, elle qui a été internée à Auschwitz en 1944-1945 à cause de ses origines juives… La principale richesse de cette bande dessinée tient au fait qu'elle aborde de manière très documentée deux sujets importants de la vie de Simone Veil : la Shoah et la Loi sur l'IVG. – Simone Veil de son nom de naissance Jacob était d'origine Juive. Elle et sa famille ont vécu à Nice lors de la Seconde Guerre Mondiale. Si son père architecte et sa mère institutrice perdent tout deux leur emploi en 1940 à cause des lois raciales contre les Juifs, sa famille vit tout de même à l'abri grâce à de faux papiers jusqu'en 1944. Mais, peu après que Simone passe les épreuves du Baccalauréat en mars, sa famille est dénoncée et arrêtée. Déportée à Drancy puis à Auschwitz avec sa mère et sa soeur, et finalement à Bergen-Belsen, Simone parvient à survivre jusqu'à la libération de son camp par les Anglais, en Mai 1945. La déportation a causé la mort de son père, sa mère et son grand frère. – Valéry Giscard d'Estaing alors Président de la République depuis quelques mois en 1974, souhaite réformer la société française afin de diminuer les inégalités sociales. C'est ainsi qu'il charge sa nouvelle ministre de la Santé, Simone Veil de préparer un projet de loi sur l'IVG. En effet, à cette époque, l'avortement est interdit et est même passible d'une peine d'emprisonnement à l'égard des contrevenantes. Or, 300000 femmes le pratiquent de manière illégale. Si les plus riches peuvent se permettre d'interrompre leur grossesse en Angleterre ou en Hollande dans des hôpitaux ou des cliniques, les plus modestes au contraire ont recours à des « faiseuses d'ange » en France dans des conditions sanitaires épouvantables. 2500 femmes meurent ainsi des suites d'un avortement clandestin chaque année. Toutefois, les moeurs commencent doucement à évoluer notamment grâce au Manifeste des 343 (en 1971, 343 personnalités féminines et signataires de la Pétition avouent avoir eu recours à l'IVG) ainsi qu'au résultat du Procès de Bobigny en 1972 acquittant une jeune fille de 17 ans qui avait été violée et qui avait pratiqué un avortement clandestin. Lors des débats à l'Assemblée Nationale, Simone Veil fait montre d'un grand courage face aux insultes et suscite l'admiration des Français. Après plus d'un mois, elle parvient finalement à faire voter la Loi Veil en faveur de l'IVG, en Janvier 1975, la faisant définitivement rentrer dans l'Histoire. Pour finir, la bande dessinée possède un code couleur très clair allant du bleu, vert, gris et jaune. La couleur la plus chaude, jaune, évoque son enfance heureuse à Nice ainsi que son entrée au Panthéon, à sa mort, en 2017. Quant aux couleurs froides, elles font référence aux moments mouvementés de l'existence de Simone Veil : gris pour le désespoir, la mort et la souffrance dans les camps de concentration au bleu lors de l'affrontement et du combat pour son projet de loi en faveur de l'avortement. En conclusion, Simone Veil, L'immortelle, est une bande dessinée remarquable par sa construction et parfaitement bien documentée. Elle rend hommage à cette femme d'exception qu'était Simone Veil tout en louant ses qualités (force, courage et détermination) forgées au cours de sa terrible adolescence mais qui lui ont été utiles pour le reste de sa carrière. Cette bande dessinée est un cadeau à faire ou à se faire!

blandine5674

Le 15/10/2018

Une magnifique BD pour une grande dame qui m’a happée ne me la laissant pas la poser jusqu’à la dernière page. L’essentiel des moments forts de sa vie. Les planches où sont reproduits le discours de certains politiques contre l’avortement est révoltant. La façon dont ses années passées à Auschwitz sont décrites, restera, je pense, inoubliable. C’est pleine d’émotions que je quitte à regret ce roman graphique en disant adieu à cette femme de caractère qui a tant fait en matière de modernisation pour nous. Les dessins et couleurs sont agréables et permettent de bien se repérer dans les époques. Pour tout public.