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Des salopes et des anges

de Florence Cestac, Tonino Benacquista , date de sortie le 06 octobre 2011
1973. Trois femmes se rendent à Londres pour y subir une intervention encore interdite en France.

Plus rien ne sera jamais pareil...

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La fiche détaillée

Résumé

1973. Trois femmes se rendent à Londres pour y subir une intervention encore interdite en France.

Plus rien ne sera jamais pareil...

Caractéristiques

Titre Des salopes et des anges
Editeur Dargaud
Date de parution 06 octobre 2011
Nombre de pages 46 pages
Dimensions 32,00 cm x 25,00 cm
Poids 560 g
Support Cartonné
ISBN / EAN 978-2-205-06879-5 - 9782205068795

4,6/5

Marti94

Le 15/10/2016

J'ai trouvé cette bande dessinée à la bibliothèque et c'est le nom de Tonino Benacquista qui m'a attiré. Je savais que son registre était large et il le prouve. Quel excellent scénariste. Il s'est associé à Florence Cestac dont les dessins sont reconnaissables entre tous avec des personnages un peu caricaturés avec de gros nez comme quand on se rapproche trop près d'une caméra. Ils abordent des thèmes qui me tiennent à cœur ceux de la lutte des femmes à disposer de leurs corps et de la légalisation de l'avortement. Je suis vraiment contente que ce soit un homme qui raconte l'histoire de ses femmes qui se sont rencontrées dans le car pour Londres afin de se faire avorter. Car ce n'est pas qu'une "histoire de bonnes femmes" comme certaines personnes le disaient à l'époque (et peut-être encore aujourd’hui). Maïté, Anne-Sophie et Odile, trois femmes de conditions sociales différentes, vont devenir amies après avoir partagé cette journée ou elles vont avorter (pas pour les mêmes raisons). On voit bien comment cela se passait mais pas seulement. On voit aussi que cela ne les a pas empêché de mener leurs vies à bien. Mais surtout c'est un véritable documentaire. Avec un titre accrocheur en référence aux "Faiseuses d'anges" nom donné aux femmes pratiquant des avortements illégaux et au manifeste des 343 salopes. Il s’agit des 343 femmes signataires d’un manifeste rédigé par Simone de Beauvoir dans le but de réveiller l'opinion publique sur le problème tabou de l'avortement plusieurs années avant l'ouverture des premiers débats parlementaires sur cette question : c'est le 5 avril 1971 que le Nouvel Observateur le publiera. Et puis cette bande dessinée rappelle le courage politique de Simone Veil, ministre de la santé du Gouvernement de Jacques Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, qui a réussi à faire voter la loi du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse, dite loi Veil, encadrant une dépénalisation de l'avortement en France. Et aujourd’hui il y a encore du chemin à faire. Lu en octobre 2016

marina53

Le 09/01/2015

Il était un temps où l'avortement était considéré comme un crime et où les femmes, pour avorter, subissaient les pires sévices: coups dans le ventre, saignées, lavements à base de décoctions diverses, poisons... Même si certaines s'en sortaient vivantes, d'autres attrapaient de multiples maladies (tétanos, embolie pulmonaire... ) quand ce n'était pas la mort qui les attendaient. Ou la condamnation pour les "faiseuses d'anges"... Il était un temps, pas si lointain pourtant, c'est à dire au début des années 60, où s'ouvraient des centres d'accueil encore illégaux qui informaient et donnaient des contraceptifs. En avril 1971, apparaît le "Manifeste des 343" dans Le Nouvel Observateur autrement dit la signature de 343 femmes, connues ou non, ayant avorté. Deux ans plus tard, c'est au tour des médecins de publier un manifeste dans lequel ils reconnaissent avoir pratiqué un avortement. La même année est créé le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et la Contraception (MLAC) qui pratiquait des interruptions de grossesse en toute illégalité. C'est pourquoi des départs en car en partance pour l'Angleterre ou la Hollande, pays où l'avortement était autorisé en dessous de 12 semaines, étaient organisés. C'est dans l'un de ses cars que l'on croisera Maïté, 22 ans, dont l'arrivée d'un enfant n'était pas au programme de son plan de carrière, Anne-Sophie, 32 ans, bourgeoise, mariée, 2 enfants et enceinte de son amant et Odile, militante de gauche. Trois femmes de statut social différent mais poursuivant un même but... Cet album, dédié à Simone Veil et aux 343 signataires du manifeste d'avril 1973 ou les 343 "salopes" selon Charlie Hebdo, revient sur une partie passionnante de notre histoire. Rappelons que l'avortement ne fut autorisé en France qu'en décembre 1974. Mélangeant habilement fiction et réalité, Tonino Benacquista relate ici le parcours de trois femmes aux idéaux et aux mœurs complètement différents. Et pourtant, ainsi réunies dans ce car en partance pour Londres, elles n'aspirent qu'à une chose: mettre fin à leur grossesse. A la fois enrichissant et didactique, l'auteur n'est pas sans rappeler que ce temps-là n'est pas si loin. Il aborde ce sujet sans misérabilisme et avec une pointe d'humour, comme pour alléger la dureté du propos. Ces trois femmes sont très attachantes et leur périple on ne peut plus libérateur. Le dessin de Florence Cestac, tout en rondeur, est plutôt efficace. Merci Charlie d'avoir fait de nous Des salopes et des anges...

Ziliz

Le 13/12/2014

En avril 1971, le Nouvel Obs publie « le manifeste des 343 », texte rédigé par Simone de Beauvoir dans lequel des femmes (célèbres ou inconnues) déclarent avoir eu recours à l'avortement. Le manifeste est resté célèbre sous le nom des '343 salopes' suite à une couverture du journal satyrique Charlie Hebdo : « qui a engrossé les 343 salopes du manifeste ? » Il était temps de faire bouger les choses, en effet, après des millénaires d'interdiction de l'avortement et de répression sévère (jusqu'à la peine de mort), d'opérations clandestines donc dangereuses et parfois mortelles. Cela bien avant la domination catholique, soit dit en passant... Tonino Benacquista et Florence Cestac présentent dans cet album le contexte du début des annés 70 avec trois parcours féminins, ceux de Maïté, Odile, Anne-Sophie. Issue de trois milieux très différents, ces femmes ne peuvent mener leur grossesse à terme, pour des raisons diverses et personnelles. Elles partent ensemble avorter à Londres, dans un car de la MLAC (Mouvement pour la Liberté de l'Avortement de de la Contraception). Les auteurs reviennent ensuite sur la grande histoire avec l'adoption difficile de la loi Veil en 1974. L'ensemble de l'album est émouvant, mais ces pages le sont plus particulièrement : on y voit comment madame Simone Veil fut attaquée à titre personnel lorsqu'elle a défendu cette loi, subissant des calomnies, des insultes racistes en référence à son passé de déportée juive. J'ai été touchée également par ces mots de Lucien Neuwirth, qui s'était battu pour légaliser la contraception orale en France en 1967 : « Je rejette l'avortement comme méthode de contraception, mais j'accueille la femme qui s'y retrouve contrainte, faute à l'écrasant et séculaire égoïsme masculin. » (p. 41) A lire et à faire lire à nos adolescents.

IzaBzh

Le 16/01/2013

En 1973, l'avortement est toujours illégal en France. Trois femmes de milieux et de caractères totalement différents se retrouvent dans un bus affrété par le planning familial, en partance pour Londres, afin d'avorter. Malgré le sujet, cette BD très humaine comporte beaucoup d'humour qui permet d'alléger l'atmosphère, aidé en cela par le dessin de Florence Cestac. Les personnages sont attachants, on peut facilement s'y identifier, et cette BD permet de nous rappeler pourquoi a été voté le droit à l'avortement, ce qui est salutaire étant donné notre époque où tant de droits sont remis sur la sellette...

marie36

Le 04/11/2011

Des salopes et des anges racontent le parcours de trois femmes qui se rencontrent dans un bus pour Londres pour aller se faire avorter.... Trois femmes, âge différent, situation matrimoniale différente, origine sociale différente.....et pourtant elles ont en commun une chose, celle d'être femme et enceinte.....ça se passe en 1973 et l'avortement est encore illégal..... Alors les femmes partaient en bus à Londres ou Amsterdam se faire avorter.... On peut se demander pourquoi parler d'avortement aujourd'hui, puisque aujourd'hui, c'est devenu un droit... Cette BD a le grand intérêt de mélanger la grande Histoire avec les histoires de chacun, et ici de chacune....Elle nous raconte la grande histoire, celle des Hommes (au sens masculin) et puis celles des femmes, ce qui se passe dans leur corps, le sentiment de culpabilité qu'elles se trainent depuis toujours, qu'elles portent en elles.....Et elle le fait sans apitoiement, ni misérabilisme, ni même trop féministe....mais plutôt de façon très réaliste et aussi beaucoup d'humour.....accentuée par le trait de crayon de Florence Cestac......Ici il n'y a pas d'héroïnes, de gentilles femmes et de méchants hommes, il y a surtout une réalité, celle de l'avortement..... Alors pour revenir à la question, pourquoi parler d'avortement....peut-etre il faut aussi voir cette bande dessinée comme un appel à la vigilance sur un droit qui est aujourd'hui acquis et qui reste encore remis en cause, qui a encore de nombreux détracteurs.....Pour rappeler aux jeunes femmes ce qu'on vécu leurs mères et grands-mères.....