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Sorcières : la puissance invaincue des femmes

de Mona Chollet , date de sortie le 13 septembre 2018
Sorcières

La puissance invaincue des femmes

Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter de... Lire la suite
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La fiche détaillée

Résumé

Sorcières

La puissance invaincue des femmes

Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?

Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante - puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; a femme sans enfant - puisque l'époque des chasses a marqué a fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée - devenue, et restée depuis, un objet d'horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Caractéristiques

Titre Sorcières : la puissance invaincue des femmes
Auteur Mona Chollet
Editeur Zones
Date de parution 13 septembre 2018
Nombre de pages 231 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 295 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-35522-122-4 - 9782355221224

4,4/5

blandine5674

Le 11/11/2019

En tant que femme, on ne peut que se reconnaître dans certaines situations décrites sur ces sorcières d’hier et d’aujourd’hui. Des idées que je partage mais, ici, si bien développées et écrites. Une étude, presque complète, sur les femmes dans différentes situations. Dévolution ? ! On est loin de la langue de bois dans cet essai. Ça envoie du très haut et puissant comme le jet d’eau de Genève d’où est originaire Mona Chollet. Un livre féministe qui fait du bien, surtout quand on vieillit... Comment ? comme dirait Cornebidouille.

mumuboc

Le 05/04/2019

Femmes = Sorcières ! Mona Chollet associe les deux et il est clair qu’au fil des siècles, la sorcière avait souvent un visage féminin, qui plus est vieille, laide, sale etc….. Elle est parée de tous les vices, est ramenée souvent au ras du sol, on lui attribue souvent un manque d’intelligence et traitée comme telle et si c’était tout le contraire : si justement c’était parce qu’elle détenait certaines connaissances, qu’elle parlait vrai, qu’elle faisait peur qu’on lui faisait porter tous les malheurs de la société…. Il faut souvent être femme pour comprendre ces maux mots, ces attitudes dans la vie de tous les jours et pas seulement dans notre entourage mais aussi à tout niveau où, normalement, on pourrait penser que la femme est aussi bien considérer que l’homme, ni supérieure, ni inférieure….. Juste à l’égal de l’homme. Mais vous comme moi nous écoutons les statistiques….. C’est loin d’être gagné. Grâce à cet essai, Mona Chollet, relève, et parfois de façon très petinente, ironique et très documentée, ces petits affronts qui jalonnent nos vies. Après une longue introduction dans laquelle elle revient sur l’histoire des Sorcières jusqu’aux mouvements féministes actuels avec ses figures de proue, le récit se divise en quatre parties. Parler des choix de vie, du non-désir de maternité (j’ai trouvé très courageux et lucide le fait d’aborder ce thème),, de la vision des femmes vieillissantes matures et enfin de la relation femme et médecine, Mona Chollet aborde tous ces sujets et à un moment ou à un autre on se retrouve dans ses mots, dans les situations, dans certaines blessures. Je n’aurai pas pensé faire le parallèle entre sorcières et femmes mais finalement quand on analyse son argumentaire le rapprochement est évident. J’ai lu cet essai presque comme un roman tellement il est finalement le récit de situations que vivent des millions de femmes, en silence parfois souvent, c’est un essai-roman sur les femmes qui assument leurs vies, des femmes fortes….. des Sorcières, qui ne veulent pas plier, qui n’acceptent pas de se taire, des justiciaires dont le combat est sans fin pour être ce qu’elles sont, qui elles sont et qu’on les accepte comme telles. J’ai aimé qu’elle ne fasse que revendiquer l’égalité entre hommes et femmes, sans chercher la querelle, mais mettre en évidence des faits, constations sur la différence de traitement si l’on est homme ou femme (et particulièrement sur l’homme et la femme avançant en âge). J’y ai fait des découvertes en particulier sur les mouvements américains comme WITCH et sur les femmes qui ont marqué les mouvements féministes: Gloria Steinem, Susan Sontag etc…. Je ne connaissais pas les prises de position très justes de Martin Winckler par exemple. J’ai retrouvé des situations vécues par moi ou des proches dans lesquelles je n’avais pas compris qu’il s’agissait d’une différence de traitement (comme quoi on apprend à tout âge) entre les sexes en particulier dans le domaine médical. C’est une lecture dans laquelle je me suis retrouvée, reconnue, qui m’a fait du bien mais qui me dit également que le combat n’est pas fini, mais sera-t-il fini un jour ? Les femmes ne sont pas des sorcières, elles sont femmes. Mona Chollet parle principalement de la force des femmes, de certaines femmes, mais toutes ne sont pas de cette trempe. J’aurai aimé qu’elle évoque également les femmes qui subissent, qui souffrent oui mais celles-là ne sont pas des Sorcières elles ne sont que les victimes…… C’est un essai qui fait du bien car il permet également de se rendre compte que nous ne sommes pas seules, uniques, que d’autres pensent et vivent les mêmes situations, qu’elles ne sont pas responsables, mais victimes. C’est un essai que tout le monde devrait lire : hommes, femmes et aussi adolescentes pour ne pas tomber dans certains stéréotypes, pour ne pas laisser la porte ouverte à certaines attitudes, pour apprendre à dire Non ou Stop.

Dwalin

Le 10/03/2019

Voici un travail très documenté, pertinent et contemporain qui, commence dans une longue introduction par faire le lien entre les sorcières et le féminisme. Cette connexion a été faite dès les années 60 quand on a réalisé que les chasses aux sorcières de la Renaissance jusqu'à nos jours (cette extension chronologique est justifiée par le fait que l'archétype de la sorcière reste bien vivace encore aujourd'hui dès qu'on invoque l'image d'une femme forte et libre, en sont témoins les insultes de Trump à l'égard de sa concurrente Clinton) étaient motivées par le fait qu'à la fin du Moyen-Âge la société commençait à ne plus tolérer les libertés que les femmes avaient encore jusque là. La femme célibataire, celle qui refuse d'enfanter, celle qui continue à rechercher des rapports sexuels après la ménopause, celle qui guérit alors que la médecine est de plus en plus verrouillée comme une affaire d'hommes, il ne faut pas grand chose pour être une sorcière, et donc condamnée à mort dans les conditions qu'on connaît, après humiliations, torture, viol par les geôliers tant qu'on y est si on est un peu "consommable", faudrait pas gâcher. Soumises à un examen par le prisme féministe, les chasses aux sorcières sont complètement expliquées. On peut dès lors parler de gynécide. À partir de là, par jeu, provocation, ou par esprit de mémoire, les féministes s'emparent du fantasme de la sorcière et se revendiquent telles. Parfois en allant trop loin (lâcher des souris dans un salon du mariage ...), parfois par des actions coup de poing (manif des sorcières contre Trump), parfois en se prenant vraiment au jeu et joignant les cultes néo-païens comme la Wicca et en jetant des "sorts". Cette connexion entre la sorcière et la femme moderne étant faite, on fait le tour de ces grands sujets : l'indépendance de la femme, l'injonction à être mère (au sens littéral ou figuré si on est par exemple enseignante sans enfants, on est vite cataloguée mère symbolique de ses élèves ce qui est censé rattraper, la morale est sauve), la question de l'âge (réel ou apparent), et en fin d'ouvrage l'auteure s'attaque en particulier à la médecine, volée aux femmes qui ont découvert il y a longtemps une grande partie des plantes encore utilisées aujourd'hui, qui étaient de meilleures guérisseuses que les médecins de l'époque, et qui ont été exclues de ce domaine quand des écoles ont ouvert à la fin du Moyen-âge (de nouveau c'est avec l'époque Moderne que commencent les problèmes), et qui encore aujourd'hui est tenue par des hommes, un milieu extrêmement malsain et violent pour les femmes (qu'elles soient médecins, patientes, infirmières, secrétaires, sage-femmes, ...). J'émettrai quelques réserves sur deux points uniquement : quand je lis par exemple, quand on évoque le cas d'une octogénaire qui demande une euthanasie parce qu'elle ne supporte pas de vieillir, qu'un homme ne pourrait pas demander à mourir pour cette raison, je ne vois pas ce qui permettrait d'affirmer cela de manière aussi absolue. Il y a un certain nombre de généralisations gratuites telle que celle-ci, alors que d'une manière générale tout est argumenté et sourcé. Plus gênant : dans la dernière partie, on fait le légitime constat que la médecine maltraite les femmes, ce qui est incontestable. Néanmoins l'auteure commence par dire que les sciences ont été faites par les hommes pour les hommes et qu'elles seraient différentes si les femmes avaient eu une place dans leur construction car elles seraient moins capables de rigueur et auraient apporté des aspects plus féminins ce que je conteste. Il y a probablement autant de femmes qui ont des qualités réputées masculines et d'hommes ayant les qualités réputées féminines. Tout le monde n'a pas la fibre scientifique, hommes inclus. Mais dire que la science devrait être moins froide pour attirer plus les femmes est un non-sens. C'est à la société de rendre confiance aux femmes pour qu'elles soient plus nombreux à s'engager dans ces filières, mais sans remettre en cause la méthode scientifique. Je pense que j'ai mal interprété le propos de l'auteure dans ce chapitre, car elle ne parle vraisemblablement que de la médecine. Dans ce cas je partage le constat et la recommandation, mais rejette la généralisation à la science : en effet la médecine n'est pas que de la science, c'est aussi soigner. Et si l'interaction avec les patients nécessite assurément d'être corrigée, la partie scientifique de la médecine (les recherches, les statistiques, les analyses, les témoins, etc.) doit rester froide et rigoureuse. Invoquer la physique quantique pour justifier que la physique "masculine" a atteint ses limites (l'auteure cite ici Starhawk, pseudonyme d'une écrivaine féministe tendance wicca) est étrange. de nombreuses personnes qui ne comprennent rien à la physique quantique l'utilisent souvent pour argumenter des dans domaines divers, je pense qu'on est dans un cas de ce type. Quoi qu'il en soit ces quelques réserves sont minimes et je conseille vraiment la lecture de cet ouvrage.

Moglug

Le 27/12/2018

A partir de l'histoire du massacre de femmes au Moyen-Âge et à la Renaissance sous prétexte de sorcellerie, Mona Chollet synthétise ici les critères persistants de la disqualification sociale des femmes aujourd'hui. Quoiqu'en dise les discours politiquement corrects, aujourd'hui, être une femme indépendante, ne pas être mère passée trente ans, ou simplement être âgée et ménopausée, dérange. Si si ! Pensez à un homme seul de cinquante ans et sans enfant, et vous obtenez une sorte de George Clooney... Pensez à une femme seule de cinquante ans, sans enfant avec un chat, que voyez-vous ? Mona Chollet développe son argumentaire autour de ses trois pôles (indépendance, stérilité, vieillesse - le kif !) et ouvre des perspectives dans un dernier chapitre sur la si fameuse "nature" féminine qu'il est largement temps de renverser. le ton employé est à la fois léger, précis et rationnel, chaque idée et largement illustrée d'exemples concrets, les notes de bas de pages foisonnent de pistes de lecture à creuser. Si l'ouvrage est militant, le discours n'est pas guerrier. Il recèle une forme d'humilité nécessaire pour avancer dans ce combat contre Goliath qu'est la lutte pour l'égalité femmes-hommes. Mona Chollet invite à l'introspection et à la sincérité à soi-même. Ses questionnements dépassent le discours journalistique, ils s'ancrent dans le vécu, le cheminement personnel et prennent une dimension politique par les échos nombreux dont recèlent la bibliographie et les témoignages. Sans être féministe, les bonnes raisons de lire Mona Chollet sont nombreuses, vous y trouverez des réponses novatrices, réconfortantes et sans tabou sur des questions telles que l'indépendance financière, le célibat, la maternité, l'apparence physique, le désir, les rendez-vous chez le gynécologue, le sens du service, etc. Une autre lecture pour continuer sur cette lancée : "Sorcières, sages-femmes et infirmières : une histoire des femmes et de la médecine" de Barbara Ehrenreich et Deirdre English Je viens de créer un groupe Babelio sur les ouvrages abordant les questions féministes. Voici le lien : https://www.babelio.com/groupes/417/Lectures-feministes

majero

Le 12/12/2018

« Quand on dit “Rien ne vaut le sourire d’un enfant”, c’est du pipeau. Ce n’est pas vrai du tout, assène Sunny, mère de quatre enfants.» fait partie des centaines et des centaines de témoignages et références racontant les brimades subies par les femmes au cours des âges dans le but d'en faire des épouses soumises alors que pour Mona Chollet, la seule manière de pouvoir se réaliser c'est d'être une 'sorcière' qui n'a besoin de personne pour tenir debout, une femme célibataire et sans enfant.... Elle s'insurge également contre le machisme du milieu obstétricien français et prône l'éco-féminisme à la place des valeurs de nos sociétés patriarcales.