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La domination masculine | Suivi de Quelques questions sur le mouvement gay et lesbien

de Pierre Bourdieu , date de sortie le 28 août 2014
La domination masculine est tellement ancrée
dans nos inconscients que nous ne l'apercevons
plus, tellement accordée à nos attentes que nous
avons du mal à la remettre en questio... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

La domination masculine est tellement ancrée
dans nos inconscients que nous ne l'apercevons
plus, tellement accordée à nos attentes que nous
avons du mal à la remettre en question.

La description ethnographique de la société
kabyle, conservatoire de l'inconscient méditerranéen,
fournit un instrument puissant pour
dissoudre les évidences et explorer les structures
symboliques de cet inconscient androcentrique
qui survit chez les hommes et les femmes
d'aujourd'hui.

Mais la découverte des permanences oblige à
renverser la manière habituelle de poser le problème
: comment s'opère le travail historique de
déshistorisation ? Quels sont les mécanismes et
les institutions, Famille, Église, École, État, qui
accomplissent le travail de reproduction ? Est-il
possible de les neutraliser pour libérer les forces
de changement qu'ils entravent ?

Caractéristiques

Titre La domination masculine | Suivi de Quelques questions sur le mouvement gay et lesbien
Collection Points. Essais
Editeur Points
Date de parution 28 août 2014
Nombre de pages 177 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 105 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7578-4214-0 - 9782757842140

4/5

GuillaumeTM

Le 13/10/2013

Pierre Bourdieu, à la fin des années 90, se lance dans une analyse exhaustive des mécanismes de domination entre les sexes, ou comment l'homme à travers l'histoire a légitimé sa supériorité (qu'elle soit symbolique, sociale, ou dans les rapports amicaux, de travail, amoureux...) sur la femme. La domination masculine s'exerce de façon inconsciente, il faut bien s'en rendre compte pour sortir de ses schèmes préétablis par la société patriarcale. L'intelligence est dévolue au sexe masculin, il ne reste pour le sexe féminin que les émotions ou l'intuition. Par exemple, lorsque Hannah Arendt fit publier son essai sur le procès de Heichman, beaucoup lui reprochèrent son manque de chaleur et d'émotion, refusant par-là même à une femme le droit à l'analyse intellectuelle. Selon la société, les femmes doivent restées cantonnées aux rôles qu'on leur a attribué, c'est-à-dire en tant que ménagères, cuisinières, objets symboliques ou comme procréatrices afin de perpétuer la lignée filiale. Elles sont pour cette raison « exclues de tous les lieux publics, assemblée, marché, où se jouent les jeux ordinairement considérés comme les plus sérieux de l'existence humaine. » Les hommes, en revanche, se trouvent prisonniers de cette domination car ils doivent en toute circonstance affirmer leur virilité face à leurs congénères par des jeux stupides, souvent violents, allant parfois jusqu'à mettre leur vie en péril afin de prouver qu'ils ne sont pas des « mauviettes » ou des « femmelettes ». L'éducation a joué et joue toujours un rôle certain dans le maintien de cette domination, notamment par la famille, l'Église et l'École. Pour la famille, il n'y a qu'à fréquenter les magasins de jouets pour enfants pour s'en rendre compte par soi-même. Entre la caisse-enregistreuse, la table et le fer à repasser et les ustensiles de cuisine pour jouer à la dînette, le choix est vite restreint. L'École est aujourd'hui le deuxième facteur important dans ce conditionnement parce que les enseignants auront tendance à encourager les filles à davantage s'engager dans certaines filières que d'autres. L'Église a longtemps joué un rôle de connivence avec l'École ou est-ce l'inverse. Ce qui a changé aujourd'hui, c'est surtout que la domination masculine ne s'exerce plus de façon aussi claire et directe qu'autrefois. Certaines caractéristiques demeurent : les hommes préfèrent les femmes plus petites de taille qu'eux ou encore lorsqu'une femme vient d'obtenir son permis, vous pouvez être sûr qu'il y aura une personne pour lui conseiller de commencer par conduire une petite voiture. C'est par ce genre de petits détails que la domination se perpétue malgré nous sans même que l'on s'en rende compte. Il y a tout de même, de nos jours, plus de femmes qui accèdent à l'enseignement supérieur bien qu'énormément d'inégalités subsistent encore. Comme à son habitude, le sociologue s'exprime dans un jargon peu accessible. Ce qui le coupe d'emblée d'une partie de son lectorat potentiel, c'est-à-dire ceux qui seraient susceptibles d'être intéressés par le sujet mais qui ne possèdent pas le vocabulaire adéquat pour tout comprendre. C'est là tout le paradoxe de Bourdieu. C'est un livre vraiment très bien pensé et documenté que tout le monde devrait lire.

lutinielle

Le 23/08/2012

Ce livre comporte tout ce que j'aime et tout ce que je déteste chez ce grand monsieur... Un propos novateur, des idées et des exemples fournis, un véritable travail de penseur...mais une écriture compliquée et parfois pénible et un fatalisme caractéristique de Bourdieu ! Il y démontre de façon magistrale le système de domination masculine passant par le symbolique, la linguistique mais aussi par le comportement des dominés justifiant eux-même ce système... Tout cela pour terminer par une note plus que pessimiste quant à l'évolution de cet état de fait ! A lire, sans aucun doute, mais en n'en attendant aucune piste pour des solutions d'évolutions sociales !

Luniver

Le 09/10/2011

Ce livre explique comment le "masculin" domine depuis des siècles le "féminin" : une fois qu'un système est construit, il suffit de le répéter à toute occasion : dans l'éducation des enfants, dans les expressions courantes, dans tous les actes symboliques de la vie, et on finit par accepter cette construction comme seul schéma possible, comme naturelle. Même ceux qui tentent de bousculer la situation utilise des arguments provenant de cette domination (qui n'a jamais entendu des phrases du style "Il faudrait plus de femmes au pouvoir car elles apporteraient plus de douceur et d'empathie dans ce milieu" ?) L'ouvrage est bien documenté, mais il y a quand même quelques points qui m'ont déplu. Je ne l'ai pas trouvé particulièrement accessible : le vocabulaire est assez technique (mais enfin, je suis plutôt habitué au œuvre de vulgarisation), et le style est un peu lourd (beaucoup de phrases très longues notamment). Et enfin, j'ai été déçu de ne pas trouver de commentaires sur la construction de cette domination : on part sur l'idée qu'elle existe, mais sans savoir comment elle s'est mise en place. Ça me semble dès lors compliqué de sortir d'un système si on ne sait pas d'où il vient exactement. Livre à lire donc, mais seulement si on a déjà été sensibilisé au problème, et qu'on a quelques connaissances sur le sujet ("Le deuxième sexe" par exemple comble beaucoup de lacunes du livre). Le prendre comme introduction me semble être une mauvaise idée.