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Protagoras

de Platon , date de sortie le 08 septembre 1997
Lorsque la jeunesse d'Athènes accourt pour recevoir les leçons de l'illustre sophiste Protagoras, sait-elle bien ce qu'elle vient chercher ? Sait-elle qu'elle expose son âme et avec elle la cité tout... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Lorsque la jeunesse d'Athènes accourt pour recevoir les leçons de l'illustre sophiste Protagoras, sait-elle bien ce qu'elle vient chercher ? Sait-elle qu'elle expose son âme et avec elle la cité tout entière aux effets d'un enseignement dont elle ne connaît pas la nature ?

En soulevant ces questions au début du Protagoras, Socrate introduit l'un des plus subtils et des plus riches dialogues de Platon. A l'occasion de la confrontation entre Socrate et Protagoras, ce sont en effet les grands thèmes du platonisme qui sont abordés : la question de l'enseignement de la vertu, celle de la nature véritable de la sagesse, les conditions d'un bon usage des plaisirs, la fascination qu'exercent le discours et les apparences, mais aussi, et peut-être surtout, le problème du lien social et de l'unité de la cité.

Caractéristiques

Titre Protagoras
Auteur Platon
Traducteur Alfred Croiset
Collection Classiques en poche
Editeur Belles lettres
Date de parution 08 septembre 1997
Nombre de pages XXXII-159 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 150 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-251-79915-X - 9782251799155

3,5/5

candlemas

Le 01/03/2018

« L'homme est la mesure de toutes choses : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas (... ) des dieux, je ne sais ni s'ils sont ni s'ils ne sont pas ». Voici -à peu de choses près-en deux phrases ce que l'Histoire aura retenu de Protagoras, l'un des plus grands sophistes de son temps. Son scepticisme religieux et son relativisme nous sont surtout parvenus par l'intermédiaire de son plus grand détracteur : Platon. Comme à son habitude, dans Protagoras ou Les Sophistes, Platon met en scène son maître Socrate dans une joute polémique contre Protagoras, et plus globalement contre les sophistes, ces professeurs d'éloquence itinérants de l'antiquité grecque. Si les sophistes sont de nos jours assimilés à des personnes utilisant des arguments ou des raisonnements spécieux pour tromper ou faire illusion, ayant donné naissance à la rhétorique romaine et à nos démagogues modernes, on le doit sans doute en grande partie à ce dialogue et au Théétète. Socrate va interroger l'art et l'éloquence de Protagoras en remettant l'excellence et la vertu au coeur du questionnement. Faisant d'abord admettre qu'il faut pouvoir définir le fond de ce dont on parle avant de pouvoir l'enseigner, il montre que, pour les sophistes, le fond importe peu, et qu'ils sont donc incapables de justifier ce lien nécessaire. Protagoras, de son côté, explique qu'il saura enseigner à chacun l'art de "bien diriger sa maison", ce qui, au sens large, renvoie à l'économos et au politis, ou politique. Il entend par bien l'efficacité. Grâce au mythe de Prométhée et à son éloquence, il semble un instant l'emporter en expliquant que, si chaque citoyen dispose d'un sens politique inné, celui-ci peut néanmoins s'enseigner. Mais au final, Socrate, le confrontant aux contradictions de son propre raisonnement, finit par démontrer que la vertu ne peut se diviser, et est consubstancielle du savoir. L'idéalisme platonicien est donc sauf. En dépit de l'image négative qui poursuit aujourd'hui les sophistes, il est intéressant de constater que, d'abord, Protagoras aura été le maître du jeune Aristote, que l'enseignement sophistique se sera perpétué jusqu'à nous, et que le positivisme juridique, comme en philosophie politique, depuis Machiavel (et déjà avec Saint Augustin), l'aura finalement progressivement emporté sur les thèse naturalistes et idéalistes de Platon. Moralement, on peut le regretter, car ces pratiques poussées à l'extrême conduisent au cynisme le plus total et pervertissent les démocraties contemporaines ; mais leur modernité n'en est pas moins réelle : notre monde actuel est totalement emprunt du scepticisme et du rationalisme prôné par les sophistes , et, depuis l'époque des Lumières, ce sont aussi ces caractéristiques qui ont favorisé la fin des monarchies et du dogmatisme religieux en occident, qui a fait avancer la science contre les croyances a priori, et favorisé la prise de conscience du relativisme culturel. Ce que Platon critiquait tant se révélerait-il à l'usage vertueux ? Quoiqu'il en soit, ces dialogues de Platon sont parmi les plus finement écrits, constituent toujours des fondamentaux quant aux question métaphysiques, et peuvent aussi être vus comme prémisses à des réflexions politiques, sociétales ou théologiques plus modernes.

MonsieurTouki

Le 10/03/2013

Comme vous l’aurez compris, ce dialogue ci, narré par Platouné, a lieu entre Socrate – le vieux sage – et Protagoras, le pro des sophistes, un vendeur d’aspirateurs qui ne perdent pas l’aspiration et surtout l’inspiration en somme. L’aspirateur, de l’inspiration? Non, laissez tomber, c’était un jeu de mot pourri, une paronomase un poil ratée, j’avoue. De quoi discutent-ils donc?? Vous voulez vraiment le savoir? Sans déconner, c’est réellement passionnant : ils échangent sur l’enseignement, Socrate explique, en très gros, que Protagoras ne peut pas appliquer ce qu’il prétend enseigner. Je m’explique, allez suivez, vous allez voir, c’est drôle. Comment ça, mon humour n’est pas fiable ??? Sortez d’ici !!! En effet, Protagoras veut enseigner, aux petiots pendus à ses lèvres, ce que sont les vertus. Les vertus, mais c’est quoi une vertu? Voici la réaction de Socratouné, en simplifiée. C’est la bonne question puisqu’ils ne sont pas d’accords sur la nature de la vertu mais aussi sur l’unicité de celle-ci. Comment dès lors débattre sur son possible enseignement?! Ben, euh, cela devient difficile ! Quid du ressenti de lecture?? Amusant ! Franchement, je me suis pris au jeu ; j’ai presque (oui, tout de même faut pas déconner) eu envie de noter sur papier, dans un joli tableau – que j’imaginais rose et violet avec des bordures en pointillés irréguliers… mais WTF !! – les arguments de chacun pour essayer de voir qui était cohérent, qui ne l’était pas. Sans cela, on se rend compte tout de même que Socrate, si intelligent qu’il soit, tombe parfois dans la sophistique lui aussi ! Oui, je vous passe les détails parce que d’une part, je ne m’en rappelle plus suffisamment et que d’autre part, je doute que vous en ayez réellement cure… Oui, j’ai également certaines opinions préconçues et j’adresse un joli mais néanmoins cordial fuckouné au gentil bachelier qui croyait pomper des infos pour faire sa « dissert’ à la maison d’philo » qu’il a d’ailleurs attendu, le dimanche soir pour commencer, alors qu’il doit la rendre demain matin 8h !! Bonne nuit blanche mon petit Non, allez, tiens une petite info tout de même petit gars, ou petite meuf, sache que Platon, le transcripteur des dialogues de Socrate, prenait souvent un malin plaisir à déformer les propos des sophistes, tout simplement parce qu’il ne pouvait pas les voir en peinture et éprouvait pour son maître Socrate, une admiration sans bornes. Pour Protagoras, c’est différent, Platon l’estimait et donc, le dialogue semblerait, d’après les experts et ma mémoire, plutôt bien retranscrit Si tu ne le savais pas, je suis content de t’avoir aidé. Si tu le savais, tu n’as rien à faire sur cet article et retourne bosser ta dissert’ !! Ouf ! Bon, je suis un fada de philo, j’essaye de limiter les publications en la matière mais parfois mes doigts glissent tout seul…. Niark niark niark ! Finem Spicere, Monsieur Touki.