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La construction de soi : un usage de la philosophie

Un usage de la philosophie
de Alexandre Jollien , date de sortie le 03 octobre 2006
La construction de soi rassemble une série de lettres qui dessinent un usage de la philosophie envisagée comme un mode de vie, une thérapeutique de l'âme. Ici, les philosophes sont interpellés et mis à... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

La construction de soi rassemble une série de lettres qui dessinent un usage de la philosophie envisagée comme un mode de vie, une thérapeutique de l'âme. Ici, les philosophes sont interpellés et mis à l'épreuve. Tour à tour, le lecteur côtoie Boèce, Épicure, Schopenhauer, Spinoza ou Etty Hillesum. Ces guides présentent des voies pour se dégager du passé, des regrets ou de la haine de soi. Ils invitent à se libérer du regard d'autrui et ouvrent au risque de l'acceptation.

Alexandre Jollien propose un dialogue intérieur qui prend la forme d'une correspondance adressée à Dame Philosophie, cette figure allégorique dont Boèce imagina recevoir la visite alors qu'il attendait dans sa prison d'être exécuté. Dans cet itinéraire, l'auteur esquisse le portrait de Dame Frayeur et de la Mort, avec lesquelles il faut bâtir une vie. Ces lettres entendent dépeindre un état d'esprit qui tente de répondre à l'invite de Spinoza : « Bien faire et se tenir en joie ».

Caractéristiques

Titre La construction de soi : un usage de la philosophie - un usage de la philosophie
Editeur Seuil
Date de parution 03 octobre 2006
Nombre de pages 182 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 234 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-02-062888-0 - 9782020628884

4/5

Maquart

Le 01/01/2019

C'est le livre dans lequel on apprend que Schopenhauer n'aimait pas jouer aux cartes. Alex Jollien est Suisse, mais sympa quand même. Suite à un étranglement de cordon ombilical, il est devenu infirme moteur cérébral. Cela entraîne des troubles moteurs chez une personne qui, par ailleurs, a une intelligence normale. Voire supérieure à beaucoup, dans le cas d'Alex. Il a passé la majorité de son enfance et adolescence en internat, dans un centre pour handicapé. Avec des éducateurs pas toujours bienveillants. Ceci est évoqué dans un précédent ouvrage (« Éloge de la faiblesse ».) Alex veut en finir avec cette image d'handicapé victime de mauvais traitement… Il solde ses comptes en rendant hommage à celle qui l'a sauvé : la philo. C'est un livre sous forme de lettres. Des lettres de gratitude qu'il envoie à Dame philo donc mais aussi aux philosophes qui l'ont inspirés. Il commence par Boèce (que je découvre). Enfermé à tort pour haute trahison, il imagine la venue de Dame Philosophie avec qui il converse. Il apprend à Alex que le passé et ses joies constitue un palais dans lequel on peut se rasséréner… Y'a aussi Épicure (se contenter de ce qu'on a), Schopenhauer (dont la vie et l'oeuvre ne sont pas complètement raccords). Arthur c'est le gars qui dit que notre vie oscille entre la souffrance et l'ennui…Pour lui le libre arbitre c'est peau de balle (et balai…). Alex explique ce qu'il a compris et ce qu'il retient de chaque philosophe. Par exemple : chez Schopenhauer, il a compris qu'il n'atteindrait jamais le vouloir absolu et qu'il l'aide à accepter l'imparfait du présent. Il ne partage pas son amertume mais il lui est grée d'apprécier les humbles bonheurs. « Spinoza me suggère ici le moyen de libérer une volonté prisonnière de ses caprices, ses ambitions et ses esclavages pour la rediriger vers ce qui peut réellement épanouir notre être. » Dans ses lettres à dame philosophie, il s'émancipe des grands penseurs pour donner sa propre vision… Il kiffe aussi Rabelais qui ne s'encombre pas de fausses pudeurs, Érasme qui montre qu'on peut-être philosophe et aimer rigoler… Il y aussi un hommage à Etty Hillesum qui a connu les sinistres camps : « en méprisant l'autre, c'est toujours la vie que nous haïssons » et qui fût un modèle de dignité. Il y a des très belles phrases : « Pour progresser, il convient de croire en sa valeur et à la possibilité du progrès. » C'est un très bel hommage à la philo. Onfray qui a aussi vécu en internat avec des pères pédophiles raconte lui aussi que la lecture peut non seulement nous divertir, mais aussi nous sauver.

Helene1960

Le 05/07/2015

Alexandre Jollien s'appuie sur les écrits de divers philosophes pour comprendre comment construire sa vie. Il a écrit cet essai sous forme de lettres adressées, soit à Dame Philosophie, soit à divers philosophes qui ont marqué leur époque. Cette philosophie qui lui a appris à enjamber les obstacles dus à son handicap, comme on enjambe un tronc d'arbre placé au milieu du chemin, il la décortique pour nous faire apprécier ses valeurs. Il réitère ses remerciements aux philosophes, qui par leurs écrits l'ont sorti du marasme ou il se trouvait. En définitive la philosophie et Alexandre c'est une histoire d'amour et d'amitié avec ses moments de bonheur et ses "crises de ménage".

bina

Le 04/07/2014

Qu’est ce que la philosophie ? Comment se construire ? et comment associer les deux ? C’est la problématique que nous présente Alexandre Jolien dans ce livre. A travers des lettres écrites à la philosophie, et aux penseurs qui l’ont aidé à se construire, Jolien nous montre le cheminement qui l’amène à la philosophie et les outils qu’elle lui a donné. Ayant du affronter le regard et les remarques des autres, l’auteur s’est toujours battu pour s’imposer. Mais le combat fatigue, et il voudrait pouvoir exister, être, sans avoir sans cesse à combattre et à se justifier. Comment accepter sa condition sans la renier ni la porter en drapeau ? Comment cohabiter, penser à la mort, à la peur du quotidien, à la folie sans sombrer ? Il s’est alors plongé dans les classiques de la philosophie. Epicure, Schopenhauer, Spinoza ont joué un rôle important à différentes étapes de sa vie et il les remercie ici dans ces lettres qui leur sont adressées. Son handicap et les épreuves à surmonter sont le point de départ de sa réflexion sur lui-même, mais il ne se contente pas de plaquer ces maximes sur son quotidien. Il analyse ces philosophes, applique leurs pensées sur son mode de vie, n’hésitant à se remettre profondément en cause. Ce travail sur lui-même ne doit pas être temporaire, il le dit bien et le montre dans son parcours et dans ses écrits ultérieurs. Il n’est pas un philosophe de salon mais un philosophe du quotidien, du concret. Grâce à ses maitres en philosophie, Alexandre Jolien a appris à se libérer des affects, des désirs, des envies pour un meilleur épanouissement personnel. Cela lui a permis de comprendre que ce que nous ou les autres jugent bien ou mal, bon ou mauvais, relève du regard que l’on pose sur cette chose et non sur ce qu’elle est réellement, et c’est valable pour la perception du handicap.

mariech

Le 04/10/2013

Alexandre Jollien a longtemps étudié la philosophie pour y puiser du réconfort , pour se construire . Il a écrit ce livre pour faire le point car il s'est rendu compte , bizarre paradoxe , que lorsqu'il a atteint le bonheur dont il avait rêve , il n'était pas heureux , la lutte qu'il avait du mener pour arriver au bonheur cette lutte lui manquait . J'ai bien aimé cette démarche qui est souvent occultée , oui le bonheur ne rend pas heureux en lui - même , alors l'auteur va interpeller tous les philosophes qui l'ont accompagné pendant ses années de lutte , de guerre dit -il même . Il va en refaire une relecture cette fois pour accompagner la joie , pour ne plus être dans la lutte mais dans l'acceptation de soi , l'auteur utilise une belle formule ´ la conversion de soi ´ Il nous livre ici ses réflexions personnelles avec humour , la philosophie existe , elle a un rôle essentiel dans la vie d'un homme mais elle n'est pas tout , elle doit aussi permettre de reconnaître nos manques . Les anecdotes sur Arthur Schopenhauer sont truculentes , le grand philosophe avait comme tous les hommes d'ailleurs bien du mal à concilier les grands idéaux et la banale vie quotidienne . Jollien reconnaît que la philosophie a des limites ´ ce n'est pas un art magique qui sauve les hommes ´ , elle doit nous permettre aussi de nous accepter en tant qu'êtres imparfaits , qui craignons l'ennui . La philosophie à surtout comme but de nous rendre plus présent à l'instant , de ne pas attendre le bonheur car comme le dit si bien l'auteur qui me dit que le futur sera mieux , à force de penser à notre bonheur futur , nous ne vivons pas le présent . Belle découverte de l'auteur , son humour m'a séduit , c'est une lecture à la portée de tous , pleine d'humanité .