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Signes d'identité : tatouages, piercings et autres marques corporelles

Tatouages, piercings et autres marques corporelles
de David Le Breton , date de sortie le 05 avril 2002
Signes d'identité

Tatouages, piercings et autres marques corporelles

L'industrie du design corporel s'épanouit. Le corps est devenu la prothèse d'un moi éternellement en quêt... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Signes d'identité

Tatouages, piercings et autres marques corporelles

L'industrie du design corporel s'épanouit. Le corps est devenu la prothèse d'un moi éternellement en quête d'une incarnation pour sursignifier sa présence au monde, pour adhérer à soi. Tatouage et piercing sortis de la marginalité sont devenus les accessoires de la mise en scène de soi.

Partant du constat que le « corps marqué » a, depuis l'Antiquité et dans les sociétés traditionnelles, été l'expression d'un parcours, d'un message et surtout d'une identité, l'auteur montre comment l'Église s'est fortement opposée à cette pratique, mais aussi comment, après les marins et les soldats, la justice s'en est emparée comme d'une « marque infamante ». Il étudie la façon dont le tatouage intervient comme langage de révolte jusqu'à aujourd'hui où le piercing est bel et bien une identité à fleur de peau qui concerne la jeunesse.

David Le Breton s'appuie sur une recherche de terrain pour analyser successivement : les marques corporelles dans les sociétés occidentales, le passage de la dissidence à l'affirmation de soi, la recherche d'une identité, les rites de passage, la naissance d'une culture. Il s'intéresse à la différence entre souffrance, douleur et plaisir sexuel qui restent liés à l'acte même du piercing. Il note enfin ce paradoxe selon lequel, si ce système de marquage corporel régresse fortement dans les sociétés traditionnelles, il se développe de façon rapide et inventive dans le monde occidental nanti, et il s'interroge sur notre désir individualiste de vouloir modifier notre corps.

Extrêmement documenté, son livre fait le tour de la question, tant historique qu'anthropologique et philosophique, sur une mode nouvelle et en pleine expansion.

Caractéristiques

Titre Signes d'identité : tatouages, piercings et autres marques corporelles - tatouages, piercings et autres marques corporelles
Collection Traversées
Editeur Métailié
Date de parution 05 avril 2002
Nombre de pages 224 pages
Dimensions 22,00 cm x 14,00 cm
Poids 298 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-86424-426-8 - 9782864244264

4/5

Apoapo

Le 05/10/2019

Voici, sur le thème des marques corporelles dans l'Occident contemporain, une étude sociologique assez classique, comportant cependant suffisamment d'idées originales et inattendues pour ne pas être conventionnelle ni scolaire. Comme son titre l'indique, l'angle d'analyse consiste dans le postulat que la modification volontaire du corps est un processus relevant de la construction, par l'individu, d'une identité, choisie en vue d'être affirmée au regard d'autrui. L'introduction, « Le corps inachevé », ainsi que le ch. 1, « La fabrique de l'identité », dans leur manière de poser les notions, font preuve d'une approche plutôt philosophique. Les deux chapitres suivant, par contre, sont caractérisés par une démarche historique. En particulier le ch. 2 : « Les marques corporelles […] : histoire d'un malentendu », montre que, depuis l'interdit des modifications du corps qui rassemble les monothéismes, jusqu'au-delà de la Seconde Guerre mondiale, les tatouages ont été soit des marques d'infamie soit des stigmates associés à des catégories socio-professionnelles reléguées : marins, soldats, prostituées, détenus, internés... Spécifiquement, les fameuses études criminologiques d'un Lombroso se sont délectées du « type » quasi biologique du/de la tatoué.e... Le ch. 3, de façon pour moi très originale, s'attarde sur les quelques dernières décennies du XXe s. où les tatouages ont marqué des formes de dissidence liées aux mouvements hippy d'abord, puis punk, non sans relation avec deux autres univers artistiques : les arts graphiques avec les tags muraux et la musique avec les « looks » rattachés au rock, au heavy metal à la techno etc. : le ch. se termine par un premier aperçu de la mouvance des Modern Primitives. Ces deux chapitres tendent donc à insister sur le côté discriminant et stigmatisant des modifications corporelles de jadis, qui, et c'est là un point fort de la démonstration de l'auteur, les opposent résolument à celles d'aujourd'hui. Le ch. 4, « L'identité à fleur de peau », est à la fois le plus long et le plus purement sociologique. Tous les moments et les implications des pratiques du tatouage, du piercing, des scarifications, etc. dans nos sociétés contemporaines sont analysés séparément, avec une profusion de citations tirées d'un corpus d'entretiens. Bien que certaines répétitions apparaissent, la proportion entre matériau brut et son interprétation m'a paru équilibrée. Le ch. 5, « Événement ou avènement : la question des rites de passage » m'a semblé être un approfondissement d'un aspect spécifique du précédent : le traitement sociologique de la question des motivations est identique au ch. 4. Si l'évocation du terme de « rite de passage » aurait pu faire penser à une argumentation anthropologique ou au moins à une comparaison avec les sociétés traditionnelles où la notion a toute sa pertinence, ici, précisément, l'auteur s'empresse de nier que le tatouage occidental contemporain, en dépit de ses prétentions, soit un rite de passage : éventuellement un « rite personnel » de « prise de possession de soi » ; de ce fait, il s'exonère de tout exposé anthropologique ou comparatiste. Le ch. 6, « Une culture naissante », renverse la perspective, des tatoués aux tatoueurs. Il traite, un peu rapidement, les questions relatives à l'évolution récente de la profession, y compris le profil sociologique de ceux qui l'exercent. Enfin le ch. 7, « Les marques corporelles et le nouveau débat du "primitivisme" » en revenant sur les Modern Primitives, concède un peu aux côtés philosophique et anthropologique appliqués à « l'engouement occidental pour les marques "tribales" », dans un discours très opportunément sans concession pour ce qui apparaît être ni plus ni moins qu'une forme de néocolonialisme qui va de pair, hélas, avec l'éradication des significations traditionnelles de simulacres devenus creux : en somme le sous-produit de ce qui eût pu être une hybridation des cultures... Ce chapitre véhément m'a plu pour plusieurs raisons : on y trouve une plus grande distanciation du chercheur par rapport à son objet de recherche que dans d'autres chapitres – en particulier le 4 - ; un minimum d'anthropologie émerge enfin, même si elle n'est utilisée que « en négatif » (c-à-d. pour infirmer) ; les thèmes post- et néo-coloniaux me tiennent à cœur dans toutes leurs implications. Mon envie est renforcée de lire d'autres essais de Le Breton, qui, s'il se cite plusieurs fois (trop souvent, certains diront...), semble avoir créé un tracé original pour relier des thèmes assez différents : la marche, le corps, le silence, les conduites à risque des jeunes, le rapport entre douleur et souffrance, le visage...

IreneAdler

Le 11/07/2014

Sociologue reconnu pour ses travaux sur la mal-être de la jeunesse, il aborde ici le versant positif des modifications corporelles. Il a cherché à en savoir plus sur cet engouement pour le tatouage et le piercing, en menant plus de 400 entretiens avec des clients et des professionnels. Certains sont "simplement" dans une démarche de singularisation. D'autres, les gros "consommateurs", sont dans une démarche plus spirituelle, la recherche d'un autre mode de vie que celui proposé par l'occident. Sans délaisser le confort que nous offre notre société, ils se retrouvent également dans des pratiques "importés" de sociétés dites premières ou primitives (n'y voyez aucun jugement de valeur, j'essaie d'éclairer ma pensée) Le piercing, le tatouage, les scarification, le marquage au fer rouge sont des moyens pour eux d'atteindre l'extase spirituelle et de s'inscrire contre la société occidentale sans avoir besoin de l'abandonner ou e changer radicalement de mode de vie. Ils sont appelés "primitifs modernes" ("modern primitives") et le plus emblématique de tous est fakir Mufasar (ça vaut le coup d’œil) Cette enquête sociologique passe aussi par une enquête historique et montre la lente mais inexorable légitimation du corps marqué. Et la lente mise au jour de cette culture particulière du corps, avec ses expériences parfois limites. Les tatoueurs et perceurs font souvent eux-mêmes partie des expérimentateurs et veulent par leur mise en application ultérieure permettre à d'autres de se retrouver, voire parfois de devenir soi, de se compléter. Cependant, si leur démarche est honnête, ils peuvent aussi décourager certains de leurs clients : les modifications sont irréversibles, la démarche y menant doit être mûrement méditée et littéralement incorporée par le candidat. Un éclairage bienvenu et accessible au grand public sur un univers et une culture encore souvent regardés avec peur et mépris.