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L'enfance de l'humanité : des communautés pacifiques aux sociétés guerrières

Des communautés pacifiques aux sociétés guerrières
de Catherine Claude , date de sortie le 11 juin 1997
Catherine Claude va contre la représentation d'un homme préhistorique sauvage, qui cautionne la sauvagerie humaine actuelle. Se démarquant des ténors français de la Préhistoire, dont les travaux... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Catherine Claude va contre la représentation d'un homme préhistorique sauvage, qui cautionne la sauvagerie humaine actuelle. Se démarquant des ténors français de la Préhistoire, dont les travaux privilégient les primates, elle enquête sur l'aventure proprement humaine et suivant la piste des arts et des mythes, elle articule sa thèse sur les acquis de la biologie moléculaire et de la linguistique.

Caractéristiques

Titre L'enfance de l'humanité : des communautés pacifiques aux sociétés guerrières - des communautés pacifiques aux sociétés guerrières
Editeur L'Harmattan
Date de parution 11 juin 1997
Nombre de pages 250 pages
Dimensions 22,00 cm x 14,00 cm
Poids 354 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-7384-5472-0 - 9782738454720

4/5

finitysend

Le 11/07/2014

A part le postulat du pacifisme originel , ce texte reste remarquable ! Bon , L’intérêt de faire des commentaires , c’est de s’ouvrir mutuellement des perspectives et d’attirer l’attention sur des ouvrages susceptibles de contribuer à cette dynamique . En remarque préliminaire , je voudrais dire que vous trouverez peut-être mon commentaire gonflant , mais sachez que c’e n’est pas le cas de cet ouvrage , qui est tout le contraire . C’est une lecture infiniment plaisante , même si le sujet est complexe . Chaque pays possède son propre système universitaire , et les unités de recherches et leurs matières d’élection , y sont souvent le reflet de priorités nationales plus ou moins conscientes . En histoire , l’école historique française pour le moyen-âge et l’histoire « moderne « , est à la pointe de la recherche . Et c’est avec de solides fondations rigoureuses que la recherche historique française continue d’appréhender ces deux périodes historiques . Elle continue de le faire sur des bases qui ne feraient pas rougir les Bloch , Braudel , Duby , et l’historiographie française sur ces deux époques est solide ... Pour l’antiquité , je serais plus réservé, pour l’histoire contemporaine et l’histoire antique malheureusement , je pense que le siècle et ses perturbations , viennent nuire très manifestement à l’élaboration d’une historiographie française saine et sereine , heureusement , on traduit plus que jamais des monographies étrangères . Dans le même temps l’archéologie française , qui n’est pas de l’histoire , avance elle à pas de géant , tout comme la recherche française en préhistoire ... Il est anciennement un manque cruel en histoire, dans notre pays , c’est les études transversales mobilisant les sciences humaines et d’autres , dites plus dures ( biologies , botanique ... ) . Ces études semblent malheureusement être une chasse gardées anglo-saxonne . C’est vraiment un problème parce que de ce fait , c’est des pans entiers de connaissances historiques primordiales qui échappent à la mise en perspective dans le cadre de vulgarisions historiques rigoureuses . Par ailleurs pour ce qui est de l’émergence de l’histoire dans le bassin méditerranéen et donc pour ce qui est du proche orient préhistorique et antique , la France ( hors paléontologie ) est quasiment aux abonnés absents . C’est ainsi que j’ai vu mourir en Sorbonne , la recherche historique française sur le Proche-Orient antique . En tant qu’étudiant me débrouillant pas mal en Langues sémitiques antiques ( hébreu , araméen , phénicien , punique ) , il m’a été impossible au grand dam de mon professeur , de contribuer modestement en tant qu’étudiant , à la perpétuation de ce champ d’étude historique ... L’université française a certes survécut , mais le proche orient antique et la naissance de la civilisation et de l’histoire ne font pas partit de la culture générale historique de l’honnête homme et de l’étudiant français. Si on raisonne plus loin , sur le bassin de l’Indus et sur ses relations avec la Mésopotamie , alors là on est , en français dans les limbes et dans les brumes épaisses .... Si vous souhaitez réfléchir sur la mise en place progressive de sociétés hiérarchisées , guerrières , aux spécialisations multiples , en partant de petits groupements humains quasiment familiaux , et bien cet ouvrage pourrait vous intéresser ... Je pense que c’est encore aujourd’hui , indépendamment des thèses principales de l’ouvrage , un des textes parmi les plus brillants , susceptible de vous renseigner sur l’histoire du bassin mésopotamien aux hautes époques ( c’est une partie seulement de l’ouvrage mais elle est percutante ) . Fondamentalement l’ouvrage réfléchit sur l’homme comme objet d’étude en histoire et en préhistoire , plus que sur ses productions culturelles . L’homme vivant dans des sociétés préhistoriques ou bien historiques anciennes n’est pas un débile , ou bien un enfant . Il est comme vous et moi et ses productions diverses en témoignent clairement . Pensez à l’immense complexité grammaticale des langues anciennes et à leur grande richesse lexicale . Imaginez la culture nécessaire pour élaborer un réseau d’irrigation sur plusieurs milliers de mètres carrés . Pensez à la difficulté de maîtriser de mémoire des milliers de mots correspondant à des milliers de pages , dans des publications contemporaines . Pensez aux centaines de plantes connues et récoltées pour des dizaines d’usages quotidiens complexes et variés . A l’aune du plus simple argument , l’homme contemporain moyen , ne maîtrise pas le quart du millième du savoir nécessaire pour être fonctionnel dans une société ancienne . Dans ce contexte , il ne sera pas du luxe de de faire preuve de curiosité et de modestie à l’amateur explorateur du passé . L’homme du passé est un homme parfaitement humain , et l’auteur de cette monographie vous le démontrera de manière rigoureuse et infiniment agréable . Ce texte décortique le sens de bien des mots clefs employés en préhistoire et en histoire ancienne , et elle met brillamment en perspective la connaissance de ces hautes époques , et relativise utilement , une quantité impressionnante de facteurs tributaires du lent processus d’extension de la civilisation , ayant pour cadre des sociétés progressivement de plus en plus complexes . L’homme et la définition de l’homme , comme sujet , comme acteur et comme créateur de sa propre hominisation et comme gestionnaire actif de son environnement historique et civilisationnel , est le sujet fondamental de cette monographie . On pourrait remettre en cause certaines conclusions de cet ouvrage , mais de toutes façons l’important dans ce texte , c’est d’explorer les riches questionnements transversaux de l’auteur sur des notions qui sont assez figées autrement , mais qui ici transcendent l’idée sectorisée que l’on peut se faire de l’aventure préhistorique , protohistorique , et historique ancienne , de la longue aventure de l’animal humain , anciennement créateur de complexité culturelle , qui fut aussi de tous temps façonné par ses propres créations culturelles . L’auteur vient aussi mettre en perspective le langage ( et la linguistique ) , comme cadre de créations de réalités sociales et psychologiques voir éthno-psychiatriques . L’auteur mobilise également les mythes et met en avant les processus d’élaboration de savoirs mémoriels collectifs , la mémoire collective des peuples , leurs constructions mythologiques et donc leurs élaborations méta-historiques .