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Le dernier des Camondo

de Pierre Assouline , date de sortie le 03 octobre 1997
Issu d'une illustre et richissime famille de banquiers levantins installés en France à la fin du Second Empire, le comte Moïse de Camondo (1860-1935) était l'homme d'un milieu, celui de l'aristocratie... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Issu d'une illustre et richissime famille de banquiers levantins installés en France à la fin du Second Empire, le comte Moïse de Camondo (1860-1935) était l'homme d'un milieu, celui de l'aristocratie juive parisienne, où se cotoyaient les Rothschild et les Pereire, les Fould et les Cahen d'Anvers, toute une société échappée des pages de Proust qui se retrouvait dans les chasses à courre, les clubs et les conseils d'administration, rivalisant dans la magnificence de leurs châteaux, hôtels particuliers et collections.

La saga des Camondo, de l'Inquisition espagnole au génocide nazi en passant par le ghetto de Venise et les palais de Constantinople, n'est pas seulement un récit historique retraçant l'épopée de ces grands seigneurs séfarades. C'est aussi une méditation sur la solitude d'un homme abandonné par sa femme, inconsolé de la mort de son fils, qui consacra sa vie et sa fortune à reconstituer au coeur de la plaine Monceau une demeure aristocratique du XVIIIe siècle, laissant à la France le plus éclatant témoignage d'un monde disparu et transmettant malgré tout le nom des siens à la postérité.

Avait-il l'intuition qu'il serait le dernier représentant de sa dynastie ? C'était son mystère et son secret. Il en a laissé l'empreinte sur sa maison.

Caractéristiques

Titre Le dernier des Camondo
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 03 octobre 1997
Nombre de pages 288 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 288 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-07-074554-6 - 9782070745548

4,3/5

kielosa

Le 12/12/2019

Je remercie mon amie Joëlle de Laplanche, "Jolap" sur Babelio, pour avoir attiré mon attention sur la dynastie des Camondo avec un tel enthousiasme. La prochaine fois que je vais à Paris je compte certainement visiter le Musée Camondo et j'espère que Joëlle sera mon guide éclairé. Présenter cette famille de Juifs séfarades en moins de 300 pages avec une si riche multitude des données, relève de l'exploit. Si Pierre Assouline ajoute une dizaine de pages de sources, il n'a pas prévu de registre des noms, qui aurait pris le double sinon le triple du nombre des pages. La variété et la qualité des références sont tout bonnement impressionnant et cependant ne gênent nullement la lecture de cette oeuvre ambitieuse. En 1492 les Camondo avec quelque 50.000 (estimation moyenne, en l'absence de chiffres exacts) autres Juifs furent expulsés d'Espagne. Après un bref séjour à Venise comme négociants et à Trieste (une escale), ils s'installèrent à Constantinople, où Abraham Salomon (1781-1873) devenait pour ainsi dire le patriarche des Camondo. Leur nom de famille vient de "Ca'Mondo", soit "maison du monde" en Vénitien. Un dialecte italien qui est aussi à l'origine du terme lugubre de "ghetto". Dans l'Empire ottoman les Camondo sont devenus les banquiers des sultans et leurs affaires, commerce international et investissements immobiliers, ont pris une telle ampleur qu'au milieu du XIXe ils étaient déjà les plus riches des à peu près 200.000 Juifs qui résidaient dans cet empire, d'où leur surnom les "Rothschild de l'Orient". Si l'on prend comme point de repère ce qui sera, un jour de décembre 1936, le Musée Nissim de Camondo, situé au 63, rue de Monceau, Paris XVIII, il faut commencer par l'arrivée en France d'Abraham de Camondo, en 1872, et l'achat par son neveu, Moïse de Camondo (1860-1935) de l'hôtel Violet en 1910. Celles et ceux qui ont lu le tome 2 des Rougon-Macquart, "La Curée" se souviendront de cet hôtel qu'Émile Zola avait baptisé l'hôtel Saccard. À part la façade sur rue, ce bâtiment pas très vieux pourtant, car seulement de 1864, fût totalement reconstruit par l'architecte René Sergent, selon les voeux du 2e baron de Camondo de 1911 à 1914. Un bâtiment certes impressionnant mais pas tap à l'oeil comme celui de James de Rothschild que le grand Heinrich Heine avait poétiquement qualifié comme "le Versailles de la ploutocratie parisienne". Moïse de Camondo a été avant tout un collectionneur rare au goût précis et judicieux qui avait coutume d'enrichir sa collection par des acquisitions lors des ventes ou chez les antiquaires réputés. Elle comportait des meubles, éléments de décoration et oeuvres d'art particulièrement recherchés et exclusifs. Sa bibliothèque recelait des rarissimes exemplaires de Voltaire, Cervantes, Lamartine, Molière, Rousseau etc. Sans oublier les 35 volumes reliés somptueusement de l'Encyclopédie d'Alembert et de Diderot. Si sa collection allait bon train, sa vie personnelle, au contraire, n'avait rien de resplendissant. Moïse avait épousé la fille d'une autre famille juive richissime, Irène Cahen d'Anvers (1872-1963), qui après lui avoir donné 2 enfants, Nissim et Béatrice, a fui le domicile conjugal avec son amant. Le divorce fut prononcé en 1901, le grand argentier avait 41 ans et était un homme seul. Cette Irène avait été peint, enfant, par le grand peintre Auguste Renoir et le tableau "La petite fille au ruban bleu" se trouve actuellement à la Fondation Bührle à Zurich. Moïse adorait son fils et en était particulièrement fier, malheureusement, Nissim fût abattu dans son avion à Remoncourt dans les Vosges en septembre 1917, à l'âge de 25 ans. Le jeune homme était un casse-cou, qui photographiait pour l'armée les champs de bataille, tels Verdun et la Marne. Un héros récompensé par 5 citations, la croix de guerre et la Légion d'honneur à titre posthume. La mort de son fils était pour Moïse une tragédie, car il n'y avait plus de successeur mâle pour continuer le nom. Après le mariage de sa fille avec Léon Reinach, Il se retirait petit à petit des affaires, pour s'occuper désormais quasi uniquement de l'enrichissement de sa collection. Comme, en plus, sa surdité s'empirait, il passa le plus clair de son temps dans sa magnifique bibliothèque. C'est dans cet état d'esprit que le baron de Camondo, en janvier 1924, faisait un testament par lequel il offrait sa demeure et sa fabuleuse collection à la République française, à certaines conditions bien précises afin de la sauvegarder dans l'état qu'elle était, c-à-d de ne rien enlever, ajouter où prêter pour des expositions. Une certaine somme fût prévue pour couvrir les frais d'entretien. Moïse de Camondo mourut le 14 novembre 1935, à l'âge de 75 ans. La 2e guerre mondiale a signifié l'extermination des Camondo à Auschwitz, après un passage à Drancy. Y sont décédés la fille de Moïse. Béatrice, 50 ans, ainsi que son mari, Léon Reinach, tout comme ses petits-enfants Fanny, 23 ans, et Bertrand, 20 ans. Le Musée avec sa superbe collection fût miraculeusement sauvé de la fureur nazie. L'auteur conclu par ce remarquable paragraphe : "Le dernier des Camondo avait échoué à perpétuer la dynastie. Mais en inventant sa maison... et en s'inscrivant avec force dans le patrimoine artistique de la France, il avait réussi à immortaliser le nom de tous les siens. " (page 263). Avec ce "dernier des Camondo" Pierre Assouline a signé une oeuvre qui m'a émerveillé du début jusqu'au dernier alinéa et il a, en passant, parfaitement rappelé le monde de Marcel Proust, un voisin et relation de Moïse de Camondo.

michfred

Le 26/01/2015

Il y a quelques années, j'ai moi aussi poussé la porte du musée Camondo, au 63 de la rue de Monceau. J'ai été fascinée par la splendeur de ce (faux) hôtel du XVIIIème conçu comme un écrin particulier pour y abriter une prestigieuse collection de (vrais) chefs d’œuvres. Mais surtout j'ai été bouleversée de savoir que cet hôtel particulier avait été légué à l'état français en 1934, un an avant sa mort, par le vieux comte Moïse de Camondo à condition qu'on ne changeât rien à la disposition ni aux objets présents, qu'on ne fît jamais de prêt à d'autres musées ou galeries et que tout y restât en l'état comme une maison que ses maîtres viendraient juste de quitter. La France ne s'est pas contentée de ce don: elle a aussi reçu le sacrifice courageux de Nissim ,le fils, mort aux commandes de son avion en 1917. Puis, l'état français de Laval et Pétain a aussi pris la fille, le gendre, les deux petits-enfants du généreux donateur du musée Camondo: ils étaient citoyens français, furent arrêtés en France comme Juifs et moururent à Auschwitz. Issus de la diaspora espagnole, naturalisés italiens, célébrés comme des dignitaires du cru par les Turcs, français par amour des Lumières, les frères Camondo, Moïse et Isaac, ont donné aux pays qui les ont accueillis leur bien le plus précieux: leurs collections (Isaac a légué au Louvre une collection inestimable de toiles impressionnistes). David Assouline retrace la vie de ces séfarades levantins, aussi cultivés et passionnés d'art que généreux et désireux de s'intégrer sans jamais renier leurs origines. Le livre est passionnant, très renseigné, très bien écrit. Mais je l'ai refermé avec le même sentiment de honte qu'en quittant le musée Camondo: de quelle cruelle ingratitude l'Etat français n' a-t-il pas fait preuve à l' égard de ses bienfaiteurs!!...

pdemweb1

Le 22/09/2014

La biographie du comte de Camondo est riche en histoire. L'itinérance de Juifs d'Espagne au cours depuis le XVème siècle, puis l'histoire de Paris et de France à partir de Napoleon III . Beaucoup de dates de noms, d'alliances sont cités, mais le livre n'est pas un catalogue, car Pierre Assouline a su par son écriture créer les liens. La construction du livre est aussi très intéressantes à partir du Musée du 63 rue de Monceau , Pierre Assouline s'est intéressé à la famille Camondo, depuis l'origine, pour nous faire comprendre l'origine de la collection de Moïse Camondo. C'est une biographie triste, car Pierre Assouline ne cache pas son affliction pour le destin de Moïse Camando.