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Art et société au Moyen Age

de Georges Duby , date de sortie le 14 octobre 1997
Art et Société au Moyen Age

Au cours des dix siècles dont il est question dans ce livre, l'Europe a pris forme. Elle s'est fortifiée, elle s'est enrichie, et ce fut alors que naquit et s'épa... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Art et Société au Moyen Age

Au cours des dix siècles dont il est question dans ce livre, l'Europe a pris forme. Elle s'est fortifiée, elle s'est enrichie, et ce fut alors que naquit et s'épanouit un art proprement européen. Nous admirons ce qu'il en reste. Toutefois, nous ne considérons pas ces formes du même regard que ceux qui les premiers les virent. Pour nous, ce sont des oeuvres d'art, et nous n'en attendons, comme de celles qui sont créées de notre temps, qu'une délectation esthétique. Pour eux, ces monuments, ces objets. ces images étaient en premier lieu fonctionnels. Ils servaient. Dans une société fortement hiérarchisée, qui attribuait à l'invisible autant de réalité et davantage de puissance qu'au visible et qui n'imaginait pas que la mort mît un terme au destin individuel, ils remplissaient trois fonctions principales : présents offerts à Dieu, communications avec l'autre monde, et affirmation de puissance.

Georges Duby met en parallèle l'évolution des formes artistiques au long d'un millénaire et les structures matérielles et culturelles de la société.

Caractéristiques

Titre Art et société au Moyen Age
Auteur Georges Duby
Collection Points. Histoire
Editeur Seuil
Date de parution 14 octobre 1997
Nombre de pages 137 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 98 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-02-031607-2 - 9782020316071

4/5

candlemas

Le 17/04/2018

Cet intéressant petit essai de l'éminent médiéviste Georges Duby nous introduit à l'art du Moyen-Age, du Vème à l'orée du XVème Siècle. Georges Duby s'y emploie à montrer comment l'évolution de l'art procède de celle des représentations mentales, et donc de celle des rapports sociaux. Ainsi, si l'Europe du sud verra persister entre le Vème et le Xème siècle, une tradition du monumental et du travail de la pierre, les pays du nord connaissent l'influence de traditions plus portées sur l'orfèvrerie, le travail du métal ou du bois sur de petits objets, au transport aisé, cela dans un monde rural exposé aux vagues d'invasions ou de pillages. Les monastères, fonctionnant en réseaux, se constituent en hâvres de connaissance . Les grands ordres, à commencer par Cluny, puis les ordres mendiants, n'en prêchent pas moins le dénuement et le détachement du matériel. Aux siècle suivants, marqués par un accroissement démographique et un mieux vivre, le clergé séculier, au premier rang desquels les évêques, puis les papes, reprennent le pouvoir, portant dans les villes un renouveau de l'art monumental. Le XIIème siècle et la 1ème moitié du XIIIème siècle verront l'extraordinaire floraison des cathédrales. Les échanges artistiques se diffusent à l'échelle européenne entre le nord et sud, suivant la route des marchands. On redécouvre Aristote et l'art du raisonnement, profane ou non. L'artisanat se trouve valorisé, et des commandes plus individuelles, celles des grands bourgeois et seigneurs, plus cultivés, prolongent le mouvement de construction. Enfin, malgré des flux et reflux, au gré des périodes plus difficiles de guerres de famines ou de peste, les années 1250 à 1400, au cours d'un long mouvement de valorisation de l'individu, verront éclore la modernité pré-renaissance au travers du développement d 'un art pour l'art, porté cette fois par des mécènes, bourgeois, seigneurs ou clercs, qui financent toujours chapelles et oeuvres d'art, mais entendent désormais que celles-ci restent dédiées à leur personne et leur famille, à leur salut, au moins autant qu'à Dieu. Le savoir, enrichi des apports arabes, grecs, juifs, se sécularise aussi, et la prière relève de plus en plus souvent de la sphère personnelle. Les Très Riches Heures du Duc de Berry , au début du XVème siècle, illustrent parfaitement cette lente appropriation individuelle de la pensée, plus autonome, de l'art pour l'art, dont l'esthétique conduira à des dérives maniéristes, et de la foi, qui se veut de plus en plus intérieure. Ainsi, en 110 pages à peine, dans un style toujours aussi soigné, George Duby nous guide au cours d'une longue marche sur plusieurs siècles. On y découvre une évolution non assurée de l'art, de la pensée, fluctuant suivant les supports sociaux (démographie et situation de paix ou non, rapport entre les hommes, pouvoirs et richesses, techniques de production). Mais Georges Duby nous confie cependant pour fil d'Ariane le rapport au religieux : l'art et la pensée se sont d'abord perpétués au service de Dieu et de la foi, dans le refuge de la religion, puis, celle-ci se donnant de plus en plus à voir, ils se sont développés aussi hors d'elle, dans un long processus d'émancipation. Les traces de ces étapes successives continuent de marquer avec force nos coeurs de villes anciens, nos campagnes et faubourgs, et l'artisanat d'art traditionnel, qu'il soit vivant ou conservé dans nos musées.

CDemassieux

Le 21/10/2014

Cet essai prouve, si besoin était, que la parfaite maîtrise d’un sujet rend son développement fluide. Georges Duby, le Moyen Âge, il connaît bien ! Presque vingt ans après sa mort, il est toujours considéré comme l’un des plus grands historiens de cette époque. Dans ce court, et non moins dense, ouvrage, il s’intéresse à l’Art du Moyen Âge ainsi qu’à la société dans laquelle il évolue. Ce Moyen Âge, obscurci pendant des siècles – ce qui perdure dans nombre d’esprits – quand il n’était pas discrédité au profit de la Renaissance, comme si cette dernière était née de nulle part, Duby le réhabilite avec force, montrant que son Art a foisonné et évolué au cours de ces quelque mille ans qui couvrent l’époque la plus longue de l’ère chrétienne. L’Art au Moyen Âge est indissociable de la foi. Il a trois fonctions : l’offrande faite à Dieu dans une communication avec l’au-delà ; l’enseignement religieux aux populations, pour une grande part illettrées, à travers les images peintes ou sculptées ; il permet enfin aux puissants serviteurs de Dieu de montrer leur propre élévation dans la société, en s’adjoignant les services des artistes et artisans à des fins privées. L’Art se développe d’abord dans les monastères, où se concentre le savoir. Puis, il s’installe dans les villes, avec les cathédrales, qui font entrer, grâce aux vitraux, la lumière divine au cœur de la cité. Et, lorsqu’à travers les ordres mendiants se répand l’idée d’un dialogue plus personnel entre soi et Dieu, l’Art se fait à son tour plus intime : les chapelles privées se multiplient ainsi que les objets de dévotion à la portée du plus grand nombre, les monuments funéraires sont plus travaillés. Par la ferveur, au détriment de la rationalité, chacun veut toucher « l’essence divine ». Comme l’explique l’auteur, alors que les monothéismes rejettent toute représentation de Dieu, le christianisme, par sa nature, l’a rendue possible, car Dieu s’est fait homme dans le Christ ; rien n’interdit donc de le figurer. Duby nous conte cette véritable épopée de l’art médiéval en l’intégrant dans la dynamique de son histoire, laquelle fut parcourue de personnages et d’événements qui peuplent toujours notre imaginaire : Charlemagne, Saint Louis, Les Croisades, les templiers, la Peste noire, la guerre de Cent Ans…j’en oublie !