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Lettres à son frère Théo

de Vincent Van Gogh , date de sortie le 18 avril 2002
Presque quotidiennement, pendant 18 ans, Vincent a écrit à Théo. Ces lettres permettent de mieux appréhender l'homme, le peintre et son oeuvre.
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La fiche détaillée

Résumé

Presque quotidiennement, pendant 18 ans, Vincent a écrit à Théo. Ces lettres permettent de mieux appréhender l'homme, le peintre et son oeuvre.

Caractéristiques

Titre Lettres à son frère Théo
Traducteur Georges Philippart
Collection Les cahiers rouges
Editeur Grasset
Date de parution 18 avril 2002
Nombre de pages 322 pages
Dimensions 19,00 cm x 12,00 cm
Poids 315 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-246-43184-0 - 9782246431848
Rayon Art / Peinture

4,5/5

jvermeer

Le 08/11/2019

****** Je reprends sous une forme résumée la critique que j'avais faite pour le livre de Correspondance Générale de Vincent van Gogh édité par Gallimard, Edition Biblos en 3 volumes, de 1990. Cette édition nettement plus complète, car reprenant toutes ses lettres, avait l'avantage de reproduire tous les dessins de Vincent qui figuraient dans ses nombreux courriers. Une chose que je voudrais signaler en premier car je l'ai souvent vu dans les différentes critiques du livre : Vincent n'était pas fou. Ceux qui le disent ont certainement mal lu les lettres. Peu de peintres ont l'aura de Vincent van Gogh dans le monde. Et pourtant, le connaît-on vraiment ? Ma passion pour ce peintre m'avait incité, il y a quelques années, à lire les nombreuses lettres qu'il avait écrites à son frère Théo, sa famille, ou ses amis, des années 1872 jusqu'à son décès en juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Ces lettres montraient un homme très différent de l'être tourmenté et malade qui nous est présenté trop souvent. Caractériel certes, mais intelligent, passionné, sensible, très cultivé. Au fil des pages, Vincent était devenu un ami presque intime. Pour les années de 1872 à 1886, je ne reprendrai pas la partie de sa correspondance, échangée essentiellement avec son frère Théo, qui suivra son long parcours en Hollande, en passant par quelques séjours à Paris, Londres, Belgique. Je parle, ci-dessous, de la période débutant à Paris en 1886 voyant l'avènement de sa peinture moderne, celle qui va voir l'épanouissement d'un style nouveau. 21 février 1886 au 20 juillet 1890 Ce sont deux années parisiennes passées chez Théo, le frère de Vincent. Celui-ci écrivant essentiellement à son frère, cette période ne comprend donc que des lettres écrites à des amis peintres ou relations diverses. A Paris, la palette sombre de ses premiers pas dans le Nord va s'éclaircir au contact des impressionnistes dont il va faire la connaissance par l'intermédiaire de Théo, marchand d'art. Il va découvrir les estampes japonaises qui circulent beaucoup à Paris et l'inspirent dans son travail. Il découvre la lumière de l'Ile-de-France mais aspire à une lumière plus intense qui l'incite à partir vers la Provence. 21 février 1888 – 3 mai 1889 Installé dans une location à Arles « La maison jaune », Vincent souffre de la solitude et rêve de créer un atelier d'artiste où ses amis artistes vivront en commun. Le printemps et l'été lui fournissent de nombreux motifs de paysages qu'il peint constamment. Durant les 14 mois qu'il passe à Arles il peint environ 200 toiles de paysages et, pour ceux qui veulent bien poser pour lui, des portraits d'arlésiens et arlésiennes. Les toiles qu'il envoie à Théo ne cessent de s'accumuler dans l'appartement de celui-ci. Pendant cette période à Arles, la correspondance de Vincent devient abondante : essentiellement à son frère Théo, sa soeur Willemien et son ami Emile Bernard. Il se sent bien et la nature alentour lui procure des motifs nouveaux. Le midi lui révèle des couleurs intenses qui embrasent ses paysages. Toutes les peintures de cette période seront reconnues plus tard comme des chefs-d'oeuvre, universellement admirés de nos jours : « Nuit étoilées sur le Rhône », « Café-terrasse de la place du forum à Arles de nuit », « Bateaux de pêche sur la plage des Sainte-Marie », « Les tournesols », de nombreux « Arbres fruitiers en fleurs ». En octobre 1888, son ami, le peintre Gauguin, le rejoint. Les caractères des deux hommes étant incompatibles cela se termine mal à la veille de Noël 1888. Ils se disputent et Vincent se blesse à l'oreille. Il passe plusieurs mois à l'hôpital d'Arles. 3 mai 1889 – 16 mai 1890 Atteint de violentes crises, Vincent demande à entrer à l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, dans l'ancien monastère de Saint-Paul-de-Mausole. Il va rester une année dans cet asile. Cet environnement de malade n'aide pas à améliorer sa santé. Entre deux crises, il continue de peindre, et produit des toiles de toute beauté comme « La nuit étoilée », « Champ de blés avec cyprès ». Théo lui écrit : « J'ai reçu ton envoi qui est très important, il y a des choses superbes… Certes ce n'est pas le beau qu'on enseigne, mais il y a quelque chose de si frappant et de si près de la vérité. » Quand il le peut, il écrit toujours beaucoup à Théo, à sa soeur et ses amis. Théo, sur les conseils de Camille Pissarro qui habite à Pontoise près de Paris, lui propose de rejoindre Auvers-sur-Oise où le docteur Gachet l'attend pour le soigner. 20 mai 1890 – 20 juillet 1890 En arrivant pour quelques jours à Paris chez Théo, Vincent fait la connaissance de la récente femme de son frère : Johanna. Il part ensuite pour Auvers rencontrer le docteur Gachet et habiter à l'auberge Ravoux. L'activité artistique du peintre est intense durant ce séjour auversois. En l'espace de 70 jours, Vincent peint 75 tableaux, soit plus de un par jour. Au sommet de son art, nombre des toiles de cette période sont des chefs-d'oeuvre : « Champ de blés aux corbeaux », « Portrait du Docteur Gachet », « Marguerite Gachet au piano ». Avant de se suicider, le 20 juillet 1890, il écrira un brouillon de lettre à Théo, que l'on retrouvera sur lui. La fin de ce brouillon était si triste : « Eh bien mon travail à moi j'y risque ma vie et ma raison y a sombré à moitié. Mais que veux-tu ?".

legoergosum

Le 12/05/2016

De 1872 à 1890, Vincent van Gogh n'a cessé de correspondre avec son frère Théo. Des lettres innombrables, sans doute près de 900, qui tour à tour, peuvent être empreintes de sa passion pour l'art, ou très matérialistes, voire triviales ... On y trouve cette sensibilité si particulière de l'artiste, mais aussi ses angoisses, ses doutes. On y voit poindre aussi un manque d'estime de soi qui sera récurrent. "Tout le temps que je travaille, j'ai une confiance illimitée dans l'art et dans ma réussite, mais dès que je suis surmené physiquement ou aux prises avec des difficultés d'argent, j'éprouve moins intensément cette foi et je me retrouve en proie à un doute que j'essaie de vaincre en me replongeant derechef dans le travail." Théo sera, à sa façon, son thérapeute . En s'ouvrant sans retenue à son frère cadet , Vincent prend conscience de ses difficultés matérielles et psychiques , de cette dépendance aux autres, au confort , à l'argent, à la reconnaissance, qui sont autant de signes de faiblesse chez cet homme tourmenté. Sa créativité est freinée par un fatras de détails de la vie quotidienne qui l'empêchent de s'épanouir pleinement dans son art. Vincent est un éternel insatisfait, comme tant d'artistes ; Théo a les pieds sur terre : l'échange devrait aider l'artiste. Mais cette "psychanalyse épistolaire" aura ses limites. Peu à peu, mais inexorablement, Vincent voit sa santé mentale se dégrader. Le pire, c'est qu'il en est conscient, il note ses progrès, comme ses récidives, avec une rare lucidité. Est-ce que sa peinture en pâtit ? Oui et non. Aujourd'hui, nous sommes tentés de dire non. Les toiles réalisées à St Rémy, où il fut interné, sont éblouissantes. La folie serait-elle le signe du talent de l'artiste ? Van Gogh se trouve des précurseurs ... Il vit avec ses crises, il semble "positiver". Mais sa fragilité est bien là, toujours. Dans ce qui est peut-être son ultime lettre, celle qu'il avait sur lui le jour de sa mort, il dit : "Eh bien, mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a fondré (fondu ? ) à moitié...". Sans doute torturé par ce dilemme : que l'art puisse -et doive, pour que l'artiste vive- être aussi une marchandise, Van Gogh n'a jamais pu se débarrasser de ses démons. Même son frère, le socle sur lequel il s'appuyait à travers ses lettres, n'y aura pas réussi. Si l'on aime l'oeuvre de van Gogh, si l'on est touché par son parcours atypique (pensons au film de Pialat interprété par Jacques Dutronc), il me semble important de compléter le portrait de l'artiste par la lecture de "Lettres à son frère Théo". Magnifique, comme du van Gogh !