Death Stranding : rando post-apo

 

Si Death Stranding excite autant la curiosité, c’est à cause de l’homme qui porte ce projet depuis au moins 4 ans : Hideo Kojima. Kojima s’est rendu célèbre grâce à la série des Metal Gear, dont le premier épisode, sorti en 1987, inventait tout simplement le concept de jeu d’infiltration. Sous la houlette du créateur japonais, Metal Gear c’est 21 softs différents, et près de 55 millions d’exemplaires vendus.

Un vrai phénomène, qui doit énormément à ce maniaque du détail, véritable metteur en scène qui puise son inspiration dans le cinéma (asiatique ou hollywoodien), le manga, la science… Et invente des jeux à nuls autres pareils.


Death Stranding : une si longue attente…

Mais depuis 2015, l’homme avait pris du champ. Suite à l’annulation de son ambitieux Silent Hills (un survival-horror co-dirigé avec le cinéaste Guillermo Del Toro), Kojima a mûrement préparé son retour au premier plan avec Death Stranding.

Une première présentation en 2016 à l’occasion de l’E3, une bande-annonce à la fin de la même année, encore une autre en 2017. Et c’est tout, jusqu’à ce 8 novembre 2019, date de sortie d’un des jeux les plus attendus de l’année. Nous y voilà…

 

 

Death Stranding : un « post-apo » mélancolique

Dès les premiers instants, Death Stranding happe le joueur dans un univers et un récit totalement inédit et original. En deux mots ? Après une catastrophe dont on sait peu de choses, la Terre est devenue plus qu’hostile. Pluies mortelles, explosions imprévisibles, et défunts qui reviennent à la vie : plante, animal ou homme, il ne fait pas bon se trouver dehors…

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Votre mission : reconnecter le territoire

Les survivants se terrent dans des bunkers, et seuls quelques inconscients s’aventurent pour aller porter les denrées que les imprimantes 3D ne peuvent reproduire. Vous êtes Sam Porter Bridges, un de ces « Transporteurs » qui traversent et survivent dans ces zones, sublimes mais désolées, en dehors des bunkers.

Votre mission (vous l’accepterez) est de travers d’Est en Ouest ce qui reste des Etats-Unis. De Washington à San Francisco, vous devrez peu à peu reconnecter le « réseau chiral », vital pour assurer la communication entre les différentes zones habitées. Avec bien sûr moult missions intermédiaires, au gré des rencontres et des lieux.

 

Une aventure solitaire… mais pas que

C’est donc à pied, au sein de décors aussi beaux que froids, que Sam va mener sa mission. Presque comme un trek (très) extrême, à préparer minutieusement, et dans une solitude quasi-totale. Vous êtes seulement accompagné (par la pensée), avec « BB », un nouveau-né capable de vous signaler la présence des « échoués » (des zombies mortels, mais moins sanguinolents que ceux qu’on croise dans d’autres jeux, films ou séries), et dont il faut prendre grand soin.


Vous n’êtes pas tout à fait seul non plus car un système de « likes » vous relie aux autres joueurs, vous indiquant les endroits utiles, les objets intéressants… et vous permettant de ne pas sombrer dans la folie !

             

Un jeu longue durée

Présenté comme cela, Death Stranding semble nettement moins haletant que la moyenne ? C’est oublier la « patte » d’Hideo Kojima et de son équipe, qui développent ici un concept de randonnée post-apocalyptique très addictif, basé sur le plaisir de l’exploration, de la contemplation… et l’envie irrépressible de percer tous les mystères d’un environnement qui ne se dévoile qu’au compte-goutte.

Comptez au minimum 80 heures pour faire (à peu près) le tour de Death Stranding…

 

Death Stranding : cinéma ? jeu ? Un peu des deux !

Mais ce qui fait la grande singularité -et la force- de Death Stranding, c’est son traitement cinématographique. On a rarement vu paysages, lumières, atmosphère… bref, décors aussi soignés que ceux imaginés par Hideo Kojima. Adepte de longue date des « passerelles » entre cinéma et jeu vidéo, le Japonais a poussé ici la logique à un niveau supérieur.

 

Un casting hollywoodien

Tout d’abord avec une distribution à la fois prestigieuse et hyper-cohérente. Jugez plutôt !

·       Norman Reedus (le Daryl Dixon de The Walking Dead) prête ses traits à Sam Porter Bridges

·       Madds Mikkelsen incarne son rival, Cliff

·       Lea Seydoux est Fragile, autre PNJ marquant du jeu

·       Des cinéastes proches d’Hideo Kojima comme Guillermo Del Toro et Nicolas Winding Refn jouent le rôle de salariés de Bridges, la société qui charge Sam de reconnecter les USA.

Même les « seconds rôles » sont ultra-soignés, avec notamment Lindsay Wagner (l’inoubliable Super Jaimie !) ou Margaret Qualley (vue dans le dernier Tarantino, Once Upon A Time in Hollywood).

 

Une perfomance technique folle

Modélisés avec un soin maniaque en performance capture, ces comédiens apportent la touche de chaleur humaine qui contraste avec l’environnement austère du jeu… Les performances graphiques de la PS4 sont ici exploitées à plein, avec une 4K en 30 images/secondes bluffantes sur PS4 Pro. Et nul doute que la version PC (sortie prévue à l’été 2020) sera traitée avec la même attention par Kojima et ses équipes.

Un dernier mot enfin sur un élément fondamental, mais parfois négligé : le son. Entre pop, electro et hip-hop pointus (Major Lazer, Khalid, Chvrches), la musique colle parfaitement à ce jeu obsessionnel et mélancolique. Et le design sonore particpe pleinement à l’objectif premier de ce jeu hors norme qu’est Death Stranding : vous envoûter.






















Publié le 07/11/2019.