Jeux et romans : faits pour s’entendre !

Metro Exodus, The Division 2… Les concepteurs de jeux s’inspirent de plus en plus de la littérature. Pour le plus grand plaisir des gamers.

 

Jeu vidéo et cinéma, c’est une affaire qui roule, et de longue date. Au point que le schéma « un blockbuster = une adaptation jouable » devient parfois un peu trop systématique… Le jeu vidéo mérite mieux que le (second) rôle de produits dérivés qu’on lui accorde parfois !

Les concepteurs de jeux ne vont d’ailleurs pas seulement chercher l’inspiration dans les salles obscures : les livres aussi ont leur préférence ! Les avantages ? D’abord un matériau narratif très riche. C’est essentiel, surtout à l’heure actuelle, puisque les joueurs demandent de plus en plus de mondes ouverts à explorer à leur guise. Mais aussi plus de liberté pour la mise en image d’un univers de papier que dans le cas d’un film.

 

Les studios s’emparent donc souvent de best-sellers comme Dune, Harry Potter, ou de nombreux polars d’Agatha Christie, qui ont connu une seconde vie sur PC et consoles. Sans oublier de se plonger dans des ouvrages moins connus : saviez-vous par exemple qu’Assassin’s Creed a été librement adapté d’Alamut, de Vladimir Bartol ? Ou que les trois hits (ou futurs hits) qu’on vous présente ci-dessous ont connu une première vie en libraire ?

 

 

Metro Exodus : un grand voyage post-Apocalypse

Planète Terre, année 2035 : 25 ans après qu’une catastrophe nucléaire a ravagé le monde, des humains subsistent tant bien que mal dans le métro de Moscou. Une petite société organisée selon entre des confédérations et des stations indépendantes, qui s’ignorent, commercent, ou se combattent, tout en faisant face à l’extinction qui les guette.

Voilà pour le pitch de la trilogie de romans de Dmitri Glukovski (Métro 2033, Métro 2034 et Métro 2035), phénomènes de libraire dans sa mère patrie russe, et traduits dans plus de 20 langues. Les trois livres ont été adaptés en jeux vidéo sous les titres de Metro 2033, Metro: Last Light et Metro Exodus.

 

Un monde ouvert, vaste comme la grande Russie

Le joueur de ce FPS (jeu de tir à la première personne) y incarne Artyom, le héros des romans. Sa mission : d’abord sauver sa peau dans cet univers qu’on croirait écrit pour coller au genre du survival horror. Puis partir explorer la surface, pour savoir si oui ou non une vie est possible à la surface, dans les immensités russes.

De l’angoisse des tunnels plongés dans l’obscurité (claustrophobes, s’abstenir !) aux splendides panoramas de la Russie enneigée (et en ruines) , l’adaptation fait plus qu’honneur aux romans : elle leur offre une nouvelle dimension. Aux classiques mais très efficaces séances de shoot, les développeurs ont en effet ajouté une dimension d’exploration dans un monde totalement ouvert, et peuplé de nombreux personnages avec autant d’épaisseur que les seconds rôles de Glukovski, faisant ainsi de Metro Exodus un environnement ludique aussi vaste que la grande Russie…

 

The Witcher

C’est l’un des phénomènes vidéoludiques de ces dernières années : 33 millions d’exemplaires vendus dans le monde pour les trois jeux de la saga The Witcher. Ce que peu d’adeptes de cette trilogie savent, c’est qu’elle est à l’origine adaptée des romans d’un auteur polonais, Andrzej Sapkowski, d’ailleurs disponible en français sous le titre du Sorceleur.

Elle met en scène Geralt de Riv, l’un des plus brillants éléments d’une caste à part : les sorceleurs. Surentraînés dès l’enfance, au point de développer des mutations, ils ont pour vocation de se débarrasser des monstres qui pullulent.

C’est ce héros que l’on incarne dans les trois jeux adaptés des romans, et le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont extrêmement fidèles à l’œuvre originale. L’une des originalités de l’œuvre de Sapkowski est en effet de dépeindre un héros et un monde infiniment moins manichéens que d’autres classiques de la fantasy comme Le Seigneur des Anneaux de Tolkien.

 

Un jeu très adulte

Geralt est un homme avec des défauts et des qualités. Il tente de vivre honnêtement dans un monde amoral, mais traîne une réputation d’exécuteur insensible. Et le joueur qui l’incarne a lui aussi le choix entre être « bon » ou… totalement pragmatique. Chaque choix ayant bien sûr des conséquences, comme il sied à tout bon jeu de rôle. Résultat : The Witcher est un jeu très « adulte », et d’une profondeur inouïe.

En respectant l’esprit et la lettre de cette épopée qui s’inspire beaucoup des mythes slaves et polonais, les développeurs du jeu ont fait mieux que rendre hommage aux romans d’Andrzej Sapowski : ils ont offert à ce qui était une série « culte » en Pologne un retentissement mondial. Une adaptation en série TV (avec Henry Cavill dans le rôle principal) est d’ailleurs en préparation…

 

 

The Division 2

Tom Clancy, c’est sans doute l’auteur qui a jeté le plus de « ponts » entre les livres et les jeux vidéo. En 1996, le romancier a d’ailleurs créé lui-même son studio, Red Storm Entertainment (acquis par la suite par Ubisoft), pour piloter les adaptations vidéoludiques de ses écrits.

Les séries des Rainbow Six, Ghost Recon, Splinter Cell et The Division (dont le deuxième épisode sort cette année) ont donc été imaginés, commandités et supervisés par l’auteur : un gage de fidélité !

 

The Division : un concentré de Clancy

Et The Division est une sorte de condensé de l’univers de Clancy : espionnage et complot (une attaque bioterroriste sur les Etats-Unis voit la propagation d’un agent pathogène, le Poison Vert), action (vous incarnez un agent dormant de la Division, chargé de combattre la menace et rétablir le calme), infiltration…

Sept mois après le premier épisode, The Division 2 vous envoie à Washington. La pandémie est enrayée, mais la capitale est prête à sombrer dans le chaos. Et l’heure tourne… Haletant comme Octobre Rouge, minuté comme La Somme de toute les peurs, tortueux comme The Ryan Initiative : The Division 2, dont la sortie est prévue pour le 15 mars, est un bel hommage au formidable concepteur d’intrigues qu’était Tom Clancy, disparu en 2013.

Jeux vidéo et littérature : un avenir radieux ?

The Witcher, The Division, Metro le démontrent : les adaptations de romans en jeux vidéo donnent des suites de grande qualité. La raison ? Il y a dans un livre (ou une série de livres) suffisamment de décors, de personnages, d’intrigues potentielles pour alimenter l’imagination et la créativité des concepteurs de jeux vidéo. Et sur plusieurs années !

On ne peut donc qu’espérer que l’histoire des adaptations littéraires sur consoles et ordinateurs n’en est qu’au chapitre 1. Avec encore beaucoup de belles pages à écrire…

 

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Publié le 18/02/2019